La Malmaison, devenue l’hôtel de ville de Curepipe, est mal en point !

Aucun passant ne peut deviner l’ampleur de l’opération que subit, actuellement, la vieille dame qu’est l’hôtel de ville de Curepipe, derrière les barrières de sécurité qui l’entoure. Tel un patient entre les mains d’un chirurgien, le monument est livré à une véritable intervention à coeur ouvert. Le bâtiment historique est méconnaissable ! A l’heure des grands travaux, il ne reste pour le moment que des photos et la mémoire pour nous rappeler le bijou que fut autrefois la Malmaison.

Après sa rénovation dans les années 1990, l’hôtel de ville de Curepipe, avait perdu un brin de sa splendeur initiale. Refaite, certes, à l’identique, elle n’avait plus cette aura qu’elle dégageait dans le temps. Depuis mars dernier, des ouvriers de la compagnie RBRB Construction Ltd s’affairent à démonter le plancher, les lambris, bref toute la boiserie intérieure du bâtiment. Pourris et inutilisables, les amas de bois (un mélange de plusieurs types de bois) enlevés sont embarqués vers le centre d’enfouissement de MareChicose. Mise à nue, la grande salle des fêtes, dépouillée de ses parures, n’est plus qu’un chantier où les échafaudages ont été installés.

Le constat est rapide. On ne peut rester longtemps à l’intérieur. Vu l’état du bâtiment, il est clair qu’un accident peut vite arriver. D’ailleurs, l’accès sur le chantier est strictement contrôlé quand il n’est pas interdit. A ce stade, les plus grandes manoeuvres pour la restauration n’ont pas commencé. Petit à petit, nous indique Vimal Ramloll, le directeur de RBRB Construction Ltd, chaque pièce du bâtiment, répartie en zones sera « démontée », et ce après un « survey » mené auparavant par l’ingénieur désigné. L’état du bâtiment ? « Il est totalement abîmé », répond Vimal Ramloll. Mais il est convaincu d’une chose : son équipe et son atelier (lequel se chargera des travaux de bois, d’encadrement des fenêtres, des tourelles etc ) seront en mesure de rénover l’hôtel de ville à l’identique ! L’expertise étrangère ne sera pas sollicitée.

« Un projet challenging »

La restauration des pierres et les travaux de métallurgie seront exécutés par la compagnie. « C’est un projet challenging », dit-il, dans son bureau : un container aménagé dans l’enceinte du chantier. Les plans détaillés sous tous les angles, de l’hôtel de ville, collés sur un pan du conteneur, Vimal Ramloll rappelle que sa rénovation doit être conforme aux normes requises pour les bâtiments qui relèvent du patrimoine local. Ayant rénové la salle des fêtes du Plaza, l’Aapravasi Ghat, le théâtre de Port-Louis, RBRB Construction Ltd, qui se défend d’ailleurs d’avoir été favorisé, rappelle son expertise dans la rénovation des bâtiments historiques. Et s’il compte sur le savoir-faire local, en revanche des matériaux, comme le bois, notamment du balau jaune, seront importés de la Malaisie. Tandis que les portes et les lames de plancher de la grande salle seront en teck. Au fur et à mesure des prélèvements des bois, l’hôtel de ville de Curepipe n’a pas livré de grandes surprises, nous assure Vimal Ramloll.

« Mais je me rends compte, dit-il, de la qualité du travail effectué par des artisans d’autrefois. Nous allons devoir reproduire ce travail, pas manuellement, mais avec des équipements qui vont nous faire gagner du temps. » La livraison est prévue pour juin 2020 si le climat curepipien le veut.