AFP

Des ingénieurs indiens étaient à pied d’œuvre vendredi pour éviter une nouvelle fuite de gaz toxique sur le site d’une usine de polystyrènes appartenant à un groupe sud-coréen, où un accident la veille a fait douze morts selon un nouveau bilan.

Si le bilan humain s’est avéré moins lourd qu’initialement redouté, la fuite de styrène jeudi d’un site industriel en bordure de la ville de Visakhapatnam (sud-est) a entraîné l’hospitalisation de centaines de personnes et donné à voir des scènes terribles d’habitants et animaux gisant inconscients dans les rues.

Les autorités locales ont étendu jeudi soir la zone d’évacuation autour de cette usine de LG Polymers, filiale indienne de l’entreprise sud-coréenne LG Chemicals, et déplacé plusieurs centaines de personnes supplémentaires par mesure de sécurité préventive.

« La situation est meilleure maintenant mais nous ne pouvons pas dire qu’elle est complètement normale. La température dans les réservoirs (de gaz, ndlr) a été abaissée de 120 degrés Celsius mais nous devons encore la diminuer de 25 degrés », a déclaré vendredi matin à l’AFP Swaroop Rani, une haute responsable de la police locale.

Le styrène est un composé organique toxique utilisé notamment pour la fabrication de polystyrènes.

Il doit être conservé à une température inférieure à 17°C. Mais la chaleur à l’intérieur d’un réservoir avait grimpé à la suite de l’arrêt partiel de l’usine, en raison du confinement national décrété en Inde pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

Cela avait entraîné une accumulation de la pression et la rupture d’une valve, selon les premiers éléments de l’enquête.

Le bilan humain s’établissait vendredi à douze morts, contre onze lors du précédent bilan en fin de journée jeudi. Parmi les personnes hospitalisées, aucune n’est dans un état critique, a indiqué la policière.

« Nous avons dit à ceux qui sont rétablis qu’ils peuvent aller soit chez leurs proches soit dans des refuges que nous avons mis sur pied jusqu’à ce que la situation soit complètement normale », a ajouté Swaroop Rani.

LG Chemicals a annoncé vendredi avoir demandé à la police d’évacuer une zone plus large autour de son usine, bien qu’aucune nouvelle fuite de gaz n’ait été détectée. « Nous prenons actuellement les mesures nécessaires, comme mettre de l’eau dans le réservoir » pour le refroidir, a déclaré dans un communiqué la société sud-coréenne.

Cette fuite de gaz dans une usine est la plus meurtrière en Inde depuis la catastrophe de Bhopal (centre), qui fut l’un des pires accidents industriels de l’Histoire.

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, 40 tonnes de gaz s’étaient échappées d’une usine de pesticides. Quelque 3.500 personnes avaient péri en quelques jours, principalement dans des bidonvilles situés autour de ces installations, et 25.000 dans les années et les décennies qui ont suivi.