Quelque 815 millions d’électeurs seront appelés aux urnes en Inde pour l’élection des 543 députés du Lok Sabha du 7 avril au 12 mai. Pour rappel, le nombre d’électeurs en Inde est supérieur à la somme des électeurs américains et européens réunis.
La lutte électorale se jouera entre Narendra Modi, leader du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), donné favori pour accéder au poste de Premier ministre, et Rahul Gandhi, descendant de Jawaharial Nehru.
Narendra Modi est né il y a 63 ans dans un petit village de l’Etat du Gujarat (Ouest), où son père tenait un modeste stand de vendeur de thé. Rahul Gandhi, 43 ans, est lui descendant de Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de la nation indienne après l’indépendance, obtenue en 1947. Sa grand-mère Indira et son père Rajiv dirigeront eux aussi le pays, avant de mourir tous deux assassinés (elle en 1984 et lui, en 1991).
Sa mère, Sonia, d’origine italienne, préside le parti du Congrès (centre gauche), au pouvoir depuis dix ans, mais à l’étoile pâlissante en raison de plusieurs scandales de corruption et d’une économie fléchissante. Modi, que la presse indienne présente comme “Modi fier”, est arrivé à la tête de l’État du Gujarat après avoir démarré tout en bas de l’échelle politique. Il ne cherche pas à cacher le peu de considération qu’il a pour les Gandhi. Le sexagénaire qualifie son opposant de « shehzada » (prince) et ironise souvent sur le manque d’expérience politique du jeune Rahul. Bien que populaire auprès des castes les plus hautes et des milieux d’affaires (deux groupes qui, le plus souvent, se recoupent), le chef du Gujarat aime à rappeler ses origines humbles.