Des académiciens venus des quatre coins du globe ont participé en mars dernier à une conférence internationale intitulée « India and its Diaspora : A comparative Perspective », organisée par l’Organisation for Diaspora Initiatives-International (ODI) avec la collaboration de la Jawaharlall Nehru University et le India International Centre. Maurice était représentée par Philip Li Ching Hum, un des membres fondateurs d’ODI (Mauritius). Il y a présenté un exposé sur le thème « Indian Diaspora : Beyond the Kalapani ».
Comment les populations diverses d’origine transportées comme engagées par les armateurs européens (XIXe siècle) ont-elles vécu leur déracinement ? Philip Li Ching Hum a fait un survol de la diaspora indienne lors de cette conférence et a rendu un hommage aux personnalités politiques comme les fils de Girmitya. Tagore, dit-il, comparait la diaspora indienne à un banyan qui prend racines dans les pays où on le transporte. « De la Silicon Valley aux engagés du Golfe, cette diaspora reflète les sociétés extrêmes de “Mother India” et dans l’océan Indien, elle garde la nostalgie du pays quitté il y a longtemps. À Maurice, les travailleurs engagés ont été leurrés et à coup de fouets, ils ont été enchaînés et déracinés du Matar Bharat », affirme Philip Li Ching Hum. La diaspora indienne s’étend de l’Azerbaïdjan jusqu’en Alaska et réunit 136 pays à travers le monde. Le gouvernement indien lui accorde une attention particulière.
L’invité d’honneur à cette conférence était l’ancien ministre mauricien Mahen Utchanah, président de Global Organization of People of Indian Origin-International (GOPIO). Dans son discours de circonstance, il a parlé longuement du rôle du Mahatma Gandhi dans l’émancipation de la classe des travailleurs engagés indiens et la venue de Manilall Doctor à Maurice. Il a évoqué la mise sur pied d’un éventuel secrétariat de People of Indian Origin (PIO) et a fait une requête au gouvernement indien pour octroyer plus de bourses d’études aux pays où il y a une forte concentration de la diaspora indienne. Il a également abordé les opportunités commerciales.
La diaspora indienne a été abordée sous plusieurs angles par divers participants et la session des questions/réponses a été très animée. Philip Li Ching Hum a clos la conférence en reprenant les mots du Professeur Ajay Dubey : « To give is a special flavour. » « L’expérience a été enrichissante et une ouverture vers d’autres contacts académiques et dans la recherche s’est établie », affirme-t-il. Le professeur Kavita Sharma, directrice du Indian International Centre de New Delhi, a prononcé un discours de remerciement.