« Tant que je n’y ai pas apposé ma signature, il n’y a pas d’accord. Et je ne l’ai pas signé encore », a déclaré le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo hier après-midi au sujet des appréhensions exprimées dans divers milieux du Global Business (GB) quant aux modifications qui seraient apportées au Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA). Cette déclaration fait suite à deux réunions d’explications entre le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance Roshi Bhadain et des opérateurs regroupés au sein de Global Finance Mauritius (GFM) et de l’Association of Trust and Management Companies (ATMC) quant aux rumeurs que Maurice perdrait certains avantages, voire sa compétitivité en tant que centre financier canalisant des investissements directs étrangers vers la Grande Péninsule.
Ces avantages concernent, entre autres, la taxe sur la plus-value (Capital Gains Tax). Les sociétés du GB à Maurice ne paient pas la CGT, puisque pas imposable sur le plan local. Les opérateurs du secteur avaient appris que le droit d’imposer une telle taxe serait à l’avenir transféré à l’Inde. Vishnu Lutchmeenaraidoo a fait comprendre « qu’on a négocié un accord différent, mais qui est nécessaire pour le secteur du GB », ajoutant que les opérateurs « doivent accepter que, dans la vie les, choses sont appelées à changer ». Le Grand Argentier a soutenu que lorsque le secteur offshore avait démarré, certains observateurs avaient l’impression que c’était un secteur opaque avec ses secrets bancaires. « Il y avait cette perception que Maurice était un paradis fiscal. Or, ce n’est pas ce que nous voulons. » À cet effet, l’accord en négociations avec l’Inde vise à mettre fin aux mauvaises perceptions du secteur du GB tout en démontrant que Maurice se positionne comme un centre de réputation internationale. « On ne peut plus jouer à cache-cache avec l’Inde », a fait ressortir le ministre des Finances, qui a exhorté les opérateurs à une remise en question.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a, dans la foulée, révélé avoir adressé une lettre au gouvernement indien par le truchement de sa mission diplomatique concernant « trois points importants ». Il s’est toutefois gardé de donner plus de précisions sur ces trois points alors que, dans le milieu des opérateurs, on souhaite que la question du droit d’imposition de CGT soit reprise avec les dirigeants indiens et que les sociétés existantes continuent à bénéficier d’avantages fiscaux. Dans les milieux du GB, on se réjouit de la déclaration du ministre des Finances qui, selon eux, vient apaiser certaines inquiétudes. L’on note avec intérêt que les autorités mauriciennes sont en train de voir la coopération Inde-Maurice « on a bigger picture » et que l’enjeu fiscal ne demeure pas le point central des préoccupations. « Tout le monde reconnaît la nécessité de porter l’industrie à un autre niveau de développement et que la diversification des opérations s’impose. Maintenant qu’on a un ministère dédié, il faut pouvoir réfléchir sur une stratégie qui propulsera le GB plus en avant tout en reconnaissant que l’Inde est un partenaire majeur », soutient un opérateur.