Le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi, a, au premier jour de son entrée en fonction, rencontré ce matin les Chefs d’État, dont le Premier ministre Navin Ramgoolam, invités à la cérémonie de prestation de serment hier après-midi.
Navin Ramgoolam a été reçu par son homologue indien peu après la rencontre entre ce dernier et le Premier ministre Pakistanais, Nawaz Sharif. Connu comme un nationaliste hindou, Narendra Modi a marqué les esprits la semaine passée en invitant à son investiture le Premier ministre pakistanais, une invitation considérée comme une marque d’ouverture envers son voisin musulman. L’Inde et le Pakistan se sont livrés trois guerres depuis 1947 et la méfiance domine entre les deux pays en dépit d’un léger réchauffement au cours de la fin du mandat du précédent Premier ministre indien, Manmohan Singh.
Pour sa part, Navin Ramgoolam avait laissé entendre avant son départ qu’il attachait une grande importance à sa rencontre avec le nouveau Premier ministre indien afin d’évoquer les relations privilégiées qui ont toujours existé entre l’Inde et Maurice quel que soit le gouvernement au pouvoir à Maurice ou en Inde. L’Inde est un des principaux partenaires de Maurice dans les domaines économiques et commerciaux. La Grande Péninsule assure l’approvisionnement de Maurice en produits pétroliers dans le cadre d’un accord entre les deux gouvernements. D’autre part, grâce à l’accord de non double imposition entre nos deux pays, une large partie des investissements étrangers en Inde passe par le centre financier mauricien. Ce dossier a été au centre des discussions bilatérales entre Maurice et l’Inde depuis plusieurs années dans le cadre d’un joint working group. Les autorités mauriciennes attendent avec impatience de prendre connaissance de la politique que compte adopter le nouveau ministre indien des finances Arun Jaitley. Le Premier ministre mauricien devait rassurer son homologue indien sur l’importance du centre financier pour l’économie mauricienne et les déclarations répétées de ses prédécesseurs selon lesquelles rien se serait fait pour affecter l’économie mauricienne. Maurice est d’ailleurs disposée à prendre toutes les mesures nécessaires afin de rassurer les autorités indiennes concernant les investissements qui passent par Maurice.
Les négociations sur la révision du traité de non double imposition ont, par ailleurs, retardé la conclusion du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement entre nos deux pays. Cette question devrait normalement être évoquée par Navin Ramgoolam avec Narendra Modi. L’Inde accorde une aide importante à Maurice dans la protection de sa zone maritime et dans la lutte contre la piraterie dans la région.
Le nouveau chef de l’exécutif de l’Inde a, dans son premier message à la nation hier, promis une Inde « forte ». « Rêvons ensemble d’une Inde forte, développée et prenant en compte la population dans son ensemble, qui s’engage activement avec la communauté mondiale pour renforcer la paix dans le monde », a-t-il dit peu après sa prestation de serment devant le président indien Pranab Mukherjee.
Par ailleurs, c’est une femme en la personne de Sushma Swaraj qui occupe désormais les fonctions de chef de la diplomatie indienne. Agée de 62 ans, elle compte une longue carrière dans la politique en Inde et une grande expérience au niveau gouvernemental. Elle a occupé le portefeuille du ministère de l’Information dans le premier gouvernement d’Atal Bihari Vajpayee en 1996. Elle devait occuper les mêmes fonctions dans le deuxième gouvernement de M. Vajpayee en plus de celle de ministre des Télécommunications. Elle devait démissionner de ses fonctions en 1998 pour prendre les fonctions de Chef ministre de Delhi. Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell qui est parti pour Addis Abeba hier pour la réunion des pays non alignés, a déjà adressé un message de félicitations à son homologue indien.