Intervenant hier après-midi dans le cadre de l’Independent Police Complaints Commission Bill, le ministre de la Santé et de la Qualité de la Vie, Anil Gayan, a mis en garde contre « tout commentaire qui occasionnerait un “mood” anti-police » dans le pays et qui « diabolise la police ».
« Dans toutes les sociétés, la police est très importante. Gardons-nous de créer un “mood” anti-police qui serait très dangereux pour la société », a lancé le ministre Gayan. Pour soutenir ses dires, il a rappelé le récent massacre de Dallas, aux États-Unis, où des policiers ont été tués quelques jours après que des Noirs aient été tués par des policiers blancs. « En tant qu’avocat, j’ai moi-même vu des cas de mauvaises conduites par la police. La perception qu’il y ait des enquêtes policières partiales peut certes exister, mais faisons attention ! »
Anil Gayan a réfuté les arguments avancés précédemment par le député Veda Balamoody. Celui-ci avait, dans son discours sur l’Independent Police Complaints Commission Bill, dénoncé « les abus » de la police. « Alors que nous nous attendons à voir la police faire respecter la loi, nous devons également nous attendre à ce qu’elle puisse utiliser une force raisonnable dans l’exercice de ses fonctions. Ne diabolisons pas la police », a-t-il réclamé.
Le ministre a d’autre part fait ressortir que les plaintes auprès de l’Independent Police Complaints Commission Bill ne sont pas formulées par écrit. « Les statistiques démontrent qu’une grosse partie des plaintes contre les policiers sont rejetées parce qu’elles ne sont pas justifiées. Cette obligation de consigner des plaintes par écrit découragerait les plaintes frivoles et vexatoires. » Il a aussi plaidé pour une formation soutenue des policiers afin qu’ils puissent mieux s’acquitter de leurs devoirs auprès du public.
Rejetant les arguments de partialité de l’Independent Police Complaints Commission Bill, Anil Gayan a affirmé que la composition même de cette « commission indépendante » est une garantie de « sérieux ». Il poursuit : « La composition indépendante et la structure même de cette commission devraient conforter le public sur le fait qu’aucun policier ne soit favorisé et que la commission s’acquittera de ses tâches de façon équitable. » Ajoutant que l’Independent Police Complaints Commission Bill « n’est redevable à personne », le ministre a soutenu que c’est un gage d’impartialité. « N’est-ce pas déjà un progrès ? » s’est-il demandé.
Anil Gayan a ensuite longuement commenté les pouvoirs de la nouvelle commission. « En fait, il ne s’agit pas ici d’un “new branding”, mais d’une “brand new institution” », a-t-il dit, en jouant avec les mots, comme pour réfuter l’argument de Veda Balamoody déclarant que l’Independent Police Complaints Commission Bill n’est qu’un “new branding” de l’ancienne Police Complaints Division de la Commission nationale des Droits humains.