Avec plus de 300 délégués, une série de rencontres, d’échanges, de nouvelles découvertes musicales et de nombreux contacts, les organisateurs de la troisième édition de l’Indian Ocean Music Market (IOMMA) tenue à la Réunion se disent entièrement satisfaits. Cela fait de l’IOMMA un véritable carrefour de l’industrie musicale de l’océan Indien. Maurice y était aussi représentée.
C’est au début de la semaine dernière que les différentes activités ont démarré dans l’espace vert de l’hôtel Le Floralys, à L’Étang-Salé. Au bout des trois jours, l’on dénombrait 420 rencontres professionnelles entre délégués locaux, régionaux et internationaux, neuf conférences et douze ateliers de travail, dans un esprit de partage, d’échange de connaissances et de découverte.
On note cette année une augmentation significative des entretiens avec les professionnels régionaux et internationaux. Plus de 400 pour cette troisième édition contre quelque 200 l’année dernière. Cette hausse témoigne de la dynamique de la création musicale de l’océan Indien (OI), indiquent les organisateurs. Soulignons que ces rendez-vous ont pour objectif de permettre à tous les opérateurs régionaux de rencontrer leurs homologues internationaux.
En ce qui concerne les conférences, l’IOMMA a cette année présenté des thèmes qui répondent aux attentes des acteurs, à savoir, présenter des ressources pratiques telles que “Comment aborder une tournée sur les différents territoires”, “Comment archiver, numériser les musiques actuelles” et “Comment mettre en synergie des événements qui ont en commun le jazz”, entre autres. Avec un focus particulier sur l’Inde dans la présentation de l’industrie musicale, les participants ont pu prendre conscience de l’émergence d’un marché de la musique indépendant dans la Grande Péninsule. Ce marché serait a priori la niche dans laquelle les artistes de l’OI pourraient s’inscrire.
Outre une rencontre fructueuse autour du Forum des festivals africains, une thématique de la scène electro avec comme intervenant mauricien Lionel Permal du Kolektif Mizik Moris (KM) et directeur de la boîte Lively up faisait partie de la programmation. Particulièrement active à La réunion, cette plateforme artistique a été abordée afin d’examiner quels en sont les débouchés dans l’OI. Cette rencontre a ainsi permis de se rendre compte que cette dynamique existe également en Inde et à Maurice, avec dans les deux cas leur propre identité. Un autre enjeu a concerné les nouvelles pratiques liées à la numérisation, à l’Internet et au renouvellement des outils de communication et de promotion.
Si les ateliers de travail et autres séances organisées en petit comité ont ouvert des portes sur de véritables échanges, les différents showcases, prévus en début de soirée durant les trois jours de l’IOMMA, ont été de belles découvertes musicales. Que ce soit lors de l’ouverture de l’événement lundi soir à l’hôtel Le Floralys, au Kabar Dock du Port mardi, au théâtre Luc Donat au Tampon mercredi ou dans la salle de concerts du Kerveguen, à St-Pierre jeudi, l’ambiance était toujours au rendez-vous. Parmi les artistes qui ont marqué les esprits se trouvent la Réunionnaise Yaelle Trulès, la formation réunionnaise Urbain Philéas, les Sud-Africains The Brother Moves on et les Australiens Kingfisha et True Live, qui ont livré des prestations remarquables. “Nous sommes heureux de constater que les professionnels étrangers sont venus encore plus nombreux cette année pour découvrir nos artistes sur 19 showcases en provenance de sept pays différents, l’Inde, Maurice, La Réunion, Madagascar, l’Afrique du sud, l’Australie et la Chine. Cette troisième édition a conforté notre engagement du départ à travailler dans la zone du grand océan Indien, preuve en est avec des délégations plus importantes en provenance de l’Inde, de l’Afrique du Sud et de l’Australie”, ont déclaré les organisateurs de l’IOMMA lors d’une conférence de presse vendredi dernier à l’hôtel Le Floralys.