L’Inde, qui a assuré la présidence de l’Indian Ocean Rim ARC durant les deux dernières années, passera le relais à l’Australie lors de la prochaine réunion du conseil des ministres de l’organisation, à Perth le 1er novembre. C’est la nouvelle chef de la diplomatie australienne Julie Bishop qui assurera la présidence du conseil des ministres. Une forte délégation mauricienne dirigée par le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell sera présente à Perth à cette occasion.
La présidence de l’IOR ARC a jusqu’ici été occupée par des pays comme Maurice, le Mozambique, le Yémen, le Sri Lanka et l’Inde mais c’est la première fois qu’un pays de la partie orientale de l’océan Indien occupe cette fonction. « Le développement le plus intéressant est que la troïka de l’IOR ARC sera composée de l’Australie en tant que présidente, de l’Indonésie en tant que vice-présidente et de l’Inde comme ancienne présidente. Or les trois pays sont membres du G 20. Ce qui devrait permettre de projeter l’image de l’organisation sur le plan international », souligne M. Bhagiruth, secrétaire général de l’IOR ARC.
La présidence de l’Inde durant les deux dernières années est considérée comme une grande réussite dans la mesure où elle a permis de relancer l’organisation, de la sortir de l’ombre, de lui donner plus de muscles avec la nomination d’un nouveau secrétaire général qui s’est installé dans des nouveaux locaux à Ébène. Elle aussi permis à l’organisation d’avoir un plan stratégique axé sur la sécurité maritime, la facilitation du commence et de l’investissement, la gestion de la pêche, la réduction de risques de désastres, la coopération dans le domaine de la science et de la technologie et sur le plan académique et les échanges culturels et touristiques.
« L’Australie est tout à fait à la hauteur pour poursuivre le travail initié durant les deux dernières années d’autant que ce pays a joué un rôle très actif en tant que vice-présidente de l’organisation », a dit M. Bhagiruth. Le secrétaire général de l’IOR ARC observe que la région de Western Australia a toujours été très intéressée par la région de l’océan Indien et l’Afrique. « Nous sommes heureux de constater que la nouvelle ministre australienne des Affaires étrangères est originaire de cette région », a-t-il poursuivi.
Parmi les sujets prioritaires figurant à l’agenda de la prochaine réunion ministérielle figurent l’adaptation aux changements climatiques, la réduction des risques de désastres et l’économie océanographique. Il sera également question de la création de l’Université de l’océan Indien. L’énergie renouvelable figure en bonne place dans l’agenda et fera l’objet d’un forum ministériel de l’IOR ARC. Un des points forts de la conférence sera la réunion des hommes d’affaires et des entrepreneurs de l’IOR dans le sillage de l’Economic Business Conference organisée à Maurice en mai dernier.
À l’issue de la conférence un communiqué sur le déroulement des travaux et une déclaration sur les océans seront publiés.
La conférence ministérielle sera précédée de plusieurs réunions, à savoir celles du comité des officiels, celle de l’Indian Ocean Business Forum, celle de l’IOR Academic group et celle du groupe de travail sur l’investissement.
Maurice puissance régionale
L’IOR ARC a été le thème central abordée par un des ses fondateurs, Shyam Saran, ex-haut commissaire à Maurice et ex-Foreign Secretary indien, à l’occasion du Gandhi Memorial Lecture donné au Mahatma Gandhi Institute la semaine dernière. Il a beaucoup insisté à cette occasion sur le rôle de Maurice dans la région et a salué l’importance accordée par le Premier ministre mauricien à l’économie océanique. Le projet mauricien devrait être adopté comme le point central de la coopération entre les pays membres de l’IOR. « The Mauritius Prime Minister underscored the importance of the Ocean Economy as the country’s new pillar of development and committed his own personal engagement with the implementation of the initiative because of its strategic nature. We need the same level of commitment by leaders of the IOR ARC to a vision which reflects the strategic significance of the Indian Ocean », a déclaré Shyam Saran. Tenant en compte l’importance qu’accorde Maurice à l’économie océanique, Shyam Saran souligne que Maurice n’est pas un petit pays. Sa zone économique exclusive après l’accord conclu avec les Seychelles concernant le plateau continental est estimée aujourd’hui à 2,3 millions de km carrés. Pour lui, Maurice « is a major Indian Ocean power ». Il a souhaité par conséquence que Maurice prenne les devants pour proposer des initiatives pour consolider l’organisation et la rendre plus appropriée aux aspirations de ses membres. Le diplomate indien s’est déclaré convaincu que le projet de l’économie océanique dans l’océan Indien pourrait déboucher sur l’organisation d’un sommet des chefs d’État des pays membres de l’Indian Ocean Rim ARC. À ce propos Shyam Saran estime que « it is only if the forum is elevated to the summit level that it will be taken seriously. Unless and until this happens, the IOR-ARC will remain a second class citizen in the family of established and prospective regional bodies for cooperation ».