Une quarantaine de participants venant des pays membres de la COI ont validé la semaine dernière la deuxième phase du programme du projet Veille sanitaire dont l’originalité vient de la prise en compte également des maladies d’origine animale dans le concept « Une seule santé » prôné par l’OMS.
« La deuxième phase, financée à hauteur de 6 millions d’euros par l’AFD pour la période 2013-2017, porte encore plus loin l’ambition des ministres de la Santé des pays de la COI », a dit le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac. Ce dernier a rappelé que l’impact économique et social des maladies infectieuses dans nos îles est énorme. « Le chikungunya a coûté à lui seul près d’un point de croissance à La Réunion en 2005-2006 », a-t-il observé.
Le concept « One health » est très explicite : « Environ 60 % des maladies infectieuses chez l’homme sont zoonotiques et 75 % des infections humaines émergentes sont d’origine animale ».
Jean-Claude de l’Estrac a annoncé également que « le secrétariat général de la COI sera doté d’un département de santé publique constitué d’experts et de techniciens régionaux, qui pourra mobiliser des fonds pour appuyer les autorités sanitaires en dehors d’une démarche strictement projet ».
Laurence Breton-Moyet, directrice de l’Agence Française de développement (AFD) pour Maurice et les Seychelles, le bailleur du projet, a confirmé son entière confiance en l’équipe de la COI. « Les attentes sont certes importantes, mais je n’ai aucun doute sur la réussite de ce projet ».
Le Dr Flachet a rappelé les principaux objectifs de la nouvelle phase. Il s’agit de poursuivre les actions de ces quatre dernières années et de renforcer le Réseau SEGA (Surveillance Epidémiologique et Gestion des Alertes) en poussant encore plus loin le partage d’informations et le niveau de réponse aux épidémies. Il annonce ainsi plusieurs projets pilote, à Madagascar avec la Croix Rouge et illustre l’avancée du réseau par l’utilisation, par le Dr Bibi, aux Seychelles, d’un système « full web » où tous les centres du pays sont équipés et connectés entre eux pour saisir et partager les données de surveillance.
La formation, permanente, d’épidémiologistes est aussi au coeur du processus de veille et la cohorte de neuf nouveaux stagiaires, en formation pour deux ans, permettra de renforcer la structure existante. Fatoumia Ali Bazi, Chargée de mission de la COI, a rappelé, pour sa part, qu’il est crucial de travailler sur la visibilité du projet, notamment en mettant en avant le concept « One health ».
Les résultats obtenus ces dernières années permettent en effet à la région d’être particulièrement efficace et de maintenir un niveau de santé publique performant. La recherche de fonds s’avère donc cruciale, après 2017, pour continuer de former des médecins et d’améliorer encore, grâce à l’implication directe des pays membres, la santé publique de toute l’Indianocéanie. À l’issue de deux jours de réunions, le programme d’activités du projet « Veille sanitaire » pour la période 2014-2015 ainsi que le budget, 1,8 M d’euros, ont été validés par le comité de pilotage. Le Secrétariat général de la COI proposera aux instances dirigeantes de la COI, début avril, une décision visant à renouveler l’engagement des États membres vis-à-vis de la Veille sanitaire.
D’autre part, les projets pilotes à Madagascar avec la PIROI (Croix-Rouge française) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont également été validés par le comité de pilotage, de même que le principe de la co-organisation du second forum de Veille sanitaire avec le Secrétariat de la communauté du Pacifique.
Enfin, le représentant général de l’OIE (Organisation mondiale pour la santé animale) a confirmé sa présence aux futures réunions du comité de pilotage.