Un protocole de coopération a été conclu hier entre la COI et l’OIM, faisant suite à un atelier de travail mardi et mercredi à Port-Louis et qui a aussi permis aux experts des pays membres de définir une liste de recommandations. L’atelier de deux jours était consacré aux migrations et au développement dans l’Indianocéanie. La région indianocéanique est en possession de données sur les profils migratoires des pays membres de la COI fournies par l’Organisation internationale des Migrations.
Parmi les principales recommandations de l’atelier, on note la mise en place d’un groupe technique qui supervisera les initiatives régionales sur le thème « migration et développement ». Il est aussi question de renforcer la coopération entre les pays membres de la COI sur les conditions d’admission et de séjour. La mobilité régionale favorisera le développement économique et social en dynamisant les secteurs clé : emploi, tourisme, éducation, commerce et investissement intrarégional, sécurité alimentaire…
La signature du protocole de coopération entre la COI et l’OIM, effectuée en présence de la représentante de l’Union européenne, Cécile Tassin-Pelzer, permet de renforcer les capacités de gestion et de partage de ces données au niveau des pays de la COI : Union des Comores, Madagascar, France/Réunion, Maurice et les Seychelles. La présence du ministre mauricien du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Shakeel Mohamed, qui a procédé à l’ouverture de l’atelier, confirme l’importance stratégique des politiques migratoires pour nos États insulaires. Le ministre a insisté sur la nécessité de chiffrer l’apport financier des flux migratoires et des diasporas aux économies des pays afin de pouvoir mobiliser les gouvernements.
Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI, a souligné, lors de son discours inaugural, que la gestion des mouvements migratoires pose des défis économiques et sociaux mais qu’elle génère aussi de nombreuses opportunités. « Nos peuples se sont forgés par vagues migratoires successives. L’Indianocéanie est fondée par nos généalogies imbriquées, qui nous relient à l’Afrique, l’Europe, l’Asie, la péninsule arabique aussi… L’Indianocéanie est un laboratoire humain à nul autre pareil… Nous avons développé, naturellement, un certain génie de la gestion de la diversité. »
Le directeur régional de l’OIM pour l’Afrique australe et orientale, Bernardo Mariano-Joaquim, a insisté pour sa part sur l’importance de la contribution des migrants au développement humain et économique. « La mobilité n’a jamais été aussi importante : plus d’un milliard de personnes, soit 1/7e de l’humanité, sont des migrants au niveau national et international. » Bernardo Mariano-Joaquim a assuré les responsables de la COI du soutien indéfectible de l’OIM dans la mission d’intégration régionale au bénéfice des pays de l’Indianocéanie.