Quelque 150 participants assistent actuellement à la Conférence des bailleurs de fonds sur la sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie, qui se tient depuis mercredi à Madagascar. La conférence est organisée par la Commission de l’océan Indien en lien étroit avec le gouvernement de Madagascar et avec l’appui du CIRAD.
C’est le Président de la République de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, qui a procédé à l’ouverture de la réunion hier. Le Premier ministre malgache, Jean Ravelonarivo, le ministre des Affaires étrangères et président du Conseil de la Commission de l’océan Indien (COI), Béatrice Atallah, et plusieurs  membres du gouvernement malgache étaient présents.
À l’agenda de la conférence figurent le financement des projets COI de relance de la production agricole et piscicole, ainsi que leurs volets de commercialisation et de formation. Le Président malgache a lancé un appel à « rendre effective la Déclaration finale du IVe Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la COI » d’août 2014, selon laquelle « la reprise économique de Madagascar prendra notamment appui sur le projet de sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie défendu et porté par la COI ». Après avoir évoqué les potentialités agricoles de son pays, Hery Rajaonarimampianina a proposé un « partenariat gagnant/gagnant » centré sur l’accroissement de la production et la réponse au défi nutritionnel qui « si nous restions inertes, serait dramatique pour le capital humain du pays ».
Béatrice Atallah a, elle, jugé que « cet événement constitue une étape majeure dans la mise en oeuvre effective de l’un des projets phares de notre organisation régionale ».
« Nous n’avons pas voulu lancer ici un énième appel à la générosité internationale. Nous avons cherché à proposer un contrat à nos partenaires bailleurs », a déclaré le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac. Il a également fait part d’un « accord de principe pour un programme de sécurité alimentaire régionale de la COI, doté de 18 millions d’euros, provenant du 11e Fonds européen de développement », et qui sera signé le 4 juin prochain à Bruxelles.
Le PDG du CIRAD Michel Eddi a mis en valeur les deux volets de l’action à mener : produire plus, de façon durable et résiliente au changement climatique, et faire porter l’effort sur l’accès effectif aux ressources alimentaires par une politique de régulation sur les stocks, les prix et les circuits de distribution. La deuxième journée de travaux a été  dédiée vendredi à l’examen de 10 projets concrets ayant pour but de relever un double défi : redonner à Madagascar l’impulsion nécessaire à son secteur agricole et piscicole pour mettre fin à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que créer les conditions de la souveraineté alimentaire de l’Indianocéanie en redonnant à Madagascar sa vocation de « grenier de l’océan Indien ».