En marge de la célébration de la Journée de l’Europe lundi, la Commission de l’océan Indien (COI) a choisi de célébrer, en son siège, les 30 ans de partenariat  avec l’Union européenne (UE). À cette occasion, le ministre des Affaires étrangères Étienne Sinatambou a souhaité voir émerger une communauté de pêche dans l’océan Indien. De son côté, Jean-Claude de l’Estrac a dit espérer que l’UE apportera « une aide conséquente » en faveur de la connectivité numérique et de la desserte maritime régionale dans le cadre du 11e Fonds européen de développement (FED). Pour sa part, le chargé d’affaires de la délégation de l’UE Aldo Dell’Ariccia a expliqué que l’UE « reconnaît la vision d’une organisation régionale oeuvrant pour la construction d’un espace démocratique et solidaire indianocéanique ».
Dans son discours, le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac, a observé qu’en 30 ans de partenariat, « ce ne sont pas moins de 227 millions d’euros qui ont été apportés par l’Union européenne » au bénéfice du développement durable de l’Indianocéanie. Ce partenariat, selon lui, est appelé à se renforcer avec le 11e FED, dont l’architecture sera arrêtée en juin prochain et qui durera jusqu’en 2020.
À cet égard, Jean-Claude de l’Estrac a précisé que la COI espère bénéficier d’au moins 10% des 600 millions d’euros prévus pour le volet infrastructures du 11e FED, notamment en faveur de la connectivité numérique et de la desserte maritime régionale. « La COI devrait également bénéficier de 50 millions d’euros pour les projets relevant des secteurs prioritaires comme la paix, l’intégration économique, la sécurité alimentaire, la gestion des risques de catastrophes ou l’appui institutionnel », a-t-il ajouté. Enfin, la COI compte également sur une enveloppe « transrégionale » qui doit « permettre d’avancer significativement sur des sujets aussi cruciaux que les pêches, la sécurité maritime, les migrations ou les accords de partenariat économique ».
Étienne Sinatambou s’est appesanti sur l’histoire de l’UE. Il a rappelé la volonté de paix et de sécurité qui a animé, dans son discours du 9 mai 1950, Robert Schuman, considéré comme le texte fondateur de l’UE. Il a aussi insisté sur l’aide accordée par l’UE aux projets régionaux de développement sous les Fonds européens de développement successifs. Il a appelé à « un engagement accru des îles soeurs de l’Indianocéanie » au bénéfice de la coopération régionale. Formant des voeux pour l’avenir de l’organisation régionale, le ministre a dit souhaiter « la création, autour de la COI, d’une communauté des pêches de l’océan Indien » compte tenu des perspectives de développement partagées qu’offre l’économie bleue. Il a fait mention de trois rendez-vous majeurs avec l’histoire, aussi bien pour l’UE que pour Maurice, au cours de cette année. En premier lieu, il a estimé que la coopération Nord-Sud « ne peut se permettre de rater ce rendez-vous pour briller et innover pour une refonte crédible post-2015 des objectifs millénaires du développement ». En deuxième lieu, il a fait mention de la réunion de Paris sur le climat, prévue en décembre, lançant ainsi un appel à l’UE pour qu’elle joue « de tout son poids » sur ces accords de Paris. Finalement, il a évoqué l’échéance de l’accord de partenariat ACP-UE en 2020. « Nous comptons sur l’UE pour négocier, dès à présent, dans un esprit de partenariat renforcé et élargi, un renouvellement de cet accord, qui ne fera pas de la différentiation un facteur punitif mais plutôt un élément mutuellement bénéfique pour tous », a-t-il lancé. Aldo Dell’Ariccia a beaucoup insisté sur « le rôle politique de la COI » en tant qu’acteur clé « pour promouvoir la paix et la sécurité dans la région face aux dangers de l’extrémisme et de la criminalité organisée, mais aussi aux défis posés par les flux migratoires ».
La célébration du partenariat COI-UE a été marquée par l’inauguration officielle du Centre de documentation de la COI par le ministre des Affaires étrangères. Ce Centre dispose de plus de 3 000 références documentaires sur la coopération régionale en matière économique, politique, environnementale, culturelle et sociale.