L’approfondissement des liens économiques entre Madagascar et Maurice et la possibilité de développer des zones économiques spéciales dans la Grande île avec l’aide des autorités mauriciennes figurent à l’agenda des discussions entre le Premier ministre malgache, Jean Ravelonarivo, et les dirigeants mauriciens aujourd’hui. Le chef du gouvernement malgache est arrivé au pays hier soir à la tête d’une forte délégation ministérielle.
Les membres de la délégation ont rendu des visites de courtoisie au président de la République Kailash Purryag et au Premier ministre sir Anerood Jugnauth avant d’avoir un déjeuner de travail avec le ministre des Affaires étrangères Étienne Sinatambou, l’Attorney General Ravi Yerrigadoo et le ministre des Services financiers Roshi Bhadain à l’hôtel Labourdonnais. Des rencontres avec le Premier ministre adjoint Xavier-Luc Duval, le ministre de la Technologie Pravind Jugnauth et le ministre de l’Environnement Raj Dayal sont prévues dans l’après-midi.
Le gouvernement malgache avait fait une demande officielle auprès des autorités mauriciennes concernant une collaboration en vue de la création de zones économiques spéciales à Madagascar. Le ministère des Finances et la BOI ont soumis en mars dernier une ébauche de projet au gouvernement malgache.
Madagascar veut s’inspirer du modèle mauricien de zone franche pour réussir son décollage industriel. Un bon nombre d’entreprises sont déjà présentes dans la Grande Île dont Floréal Knitwear du groupe CIEL qui y a créé la Floréal Madagascar Knitwear Fabrics et qui emploient plusieurs milliers de travailleurs malgaches.
Le concept de ZES est plus étendu que celui de zone franche industrielle et peut comprendre, entre autres, un parc industriel, des espaces de services, des bureaux et une plateforme logistique, mais également une zone commerciale, des complexes touristiques et des zones résidentielles.
Le concept de ZES à Madagascar peut être exploité selon plusieurs configurations. Il peut prendre la forme du développement d’une zone ou plusieurs zones avec une activité similaire, par exemple le développement d’une zone manufacturière à Tana, d’une plateforme logistique à Tamatave et d’une zone touristique à Nosy Bé.
La collaboration entre Maurice et Madagascar doit permettre d’identifier le meilleur concept qui correspond aux besoins et attentes malgaches.
Maurice peut apporter son expérience dans le développement des ZES tant au niveau de la conception qu’au niveau de l’apport des investissements.
La mise en place de cette zone est considérée comme une opportunité pour attirer les investissements mauriciens aussi bien que les investissements étrangers dans les secteurs de l’agriculture, de la manufacture, des services financiers, de l’énergie renouvelable et des infrastructures. L’objectif des ZES est de promouvoir le développement d’un pôle de croissance susceptible d’exercer un puissant effet d’entraînement sur plusieurs filières de l’activité économique.
Pour Maurice, ces zones économiques spéciales permettront de donner aux PME locales une ouverture régionale. Déjà le Budget 2015-2016 évoque la mise en place de ZES dans des pays africains. Madagascar, le Ghana et le Sénégal ont déjà exprimé leur volonté de travailler avec Maurice en vue de développer des zones économiques.
Les dirigeants malgaches participeront demain et samedi aux activités qui seront organisées dans le cadre du Rotary International District 9220 : 20th Assembly et 19th District Conference.