Selon les données officielles, l’indice des prix à la consommation (CPI) a cédé 0,4 point en décembre, terminant l’année à 105,5 points, contre 105,3 points en décembre 2013. De ce fait, le taux d’inflation year-on-year (différence entre le niveau du CPI de décembre 2014 et celui du mois correspondant de l’année précédente) s’est élevé à seulement 0,2%, soit l’un des taux les plus bas de ces dernières années.
La baisse du CPI en décembre 2014 résulte en grande partie au recul des prix des carburants. La baisse des prix de l’essence (-0,3 point) et du diesel (-0,1 point) a eu un impact favorable sur l’indice des prix. De même, on a eu un repli des prix du lait (-0,1 point), du riz (-0,1 point) et des produits de soin personnel (-0,1 point) le mois dernier, ce qui a permis de compenser la hausse des prix des légumes (+0,3 point).
Au niveau des sous-indices, celui de la Santé a grimpé de 0,9% pour atteindre 111 points alors que des augmentations de 0,7% et de 0,5% ont été enregistrées pour les sous-indices de l’habillement et des activités récréatives respectivement. La révision des prix des carburants s’est traduite par un fléchissement du sous-indice pour le transport (-2,4%). De plus, les prix promotionnels pratiqués sur  les boissons alcoolisées pour les fêtes de fin d’année ont eu une incidence (-0,5%) sur le sous-indice pour cette catégorie de produits.
Par ailleurs, dans une lettre ouverte au ministre de  l’Industrie, du Commerce et  de la Protection du consommateur, Ashit Gungah, l’Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC) demande aux autorités de mener une étude sérieuse sur les prix pratiqués par les différentes surfaces commerciales (hypermarchés, supermarchés et autres supérettes), surtout pendant la période de fin d’année, et qui donnent lieu à une frénésie d’achats de la part des consommateurs. « Si ce genre de compétition est profitable dans une certaine mesure aux clients, on se demande pourquoi une telle pratique ne devient pas une ‘affaire normale’ durant toute l’année », s’interroge le président de l’APEC, Suttyhudeo Tengur.
L’APEC estime que, très souvent, il y a un grand décalage entre le prix d’un produit livré à Port Louis, prix reflétant le CAF (coût, assurance, fret), et le prix au détail. Parmi les facteurs qui gonflent le prix, ajoute l’association, il y a les frais de manutention des marchandises de la douane et le coût de stockage. « Si ces coûts sont exagérés, cela se reflétera automatiquement sur le prix au détail et ce sera, de manière générale, contre l’intérêt des consommateurs », soutient l’APEC. Il y a lieu, selon cette dernière, de trouver des solutions concernant les coûts de gestion des marchandises à une proportion raisonnable de manière à protéger le public en général.
L’APEC invite également les autorités compétentes à surveiller de près la date de péremption des produits placés en première ligne. « Très souvent, le consommateur tombe sur des produits bon marché mais dont la date arrive à expiration dans les 24 ou 48 heures », fait-elle ressortir. Cet exercice de promotion permet aux commerçants de récupérer ses investissements mais, pour l’APEC, il faut faire montre de vigilance afin de s’assurer que les commerçants « sans scrupule » n’imposent pas leurs règles du jeu.