L’indice de corruption de la corruption 2012, rendu public par Transparency International, ce matin, place Maurice dans le groupe des 50 premiers au monde et également à la troisième place des pays d’Afrique. Toutefois, avec des changements majeurs intervenus dans la méthodologie adoptée pour la première fois, Transparency International prend le soin de souligner que « les notes obtenues en 2011 ne peuvent être comparées à celles de 2011 ou des éditions précédentes. La comparaison d’une année à l’autre ne sera possible qu’à partir de 2012 ».
Avec le nouveau classement établi par Transparency International, Maurice se retrouve à la 43e place avec une notation de 57 points sur 100 dans la lutte contre la fraude et la corruption. L’année dernière, Maurice occupait la 46e place avec une note de 5,1 sur 10. Sur le plan africain, Maurice est devancée par le Botswana, premier en Afrique avec 65 points et à la 35e place mondiale, et les îles Cap Vert avec 60 points (39e place globale).
Trois pays, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande, occupent la première place du tableau de l’indice de la lutte contre la corruption avec un score de 90 points sur 100. Dans un communiqué officiel émis à cette occasion, Transparency International avance que « ces pays bénéficient d’un accès sécurisé aux systèmes d’information et de règles régissant le comportement des personnes titulaires de fonctions officielles. L’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie occupent les dernières places de l’Indice. Dans ces pays, le manque de dirigeants responsables et d’institutions publiques efficaces souligne la nécessité de renforcer la lutte contre la corruption. »
Dans un autre ordre d’idées, Transparency International met en garde contre des risques d’une résurgence de la corruption dans le sillage de la crise économique affectant l’Europe. « Parmi ceux qui déçoivent dans l’Indice de perception de la corruption 2012 figurent les pays de la zone euro les plus affectés par la crise économique et financière. Transparency International recommande régulièrement à l’Union européenne de traiter les risques de corruption dans le secteur public afin de maîtriser la crise financière, et d’accentuer les efforts pour prévenir la corruption au sein des institutions publiques. »
« La corruption est le problème dont on parle le plus dans le monde. Les principales puissances économiques du monde devraient montrer l’exemple, en s’assurant que leurs institutions sont pleinement transparentes et que leurs dirigeants puissent rendre des comptes. Cette attitude est d’autant plus importante que leurs institutions jouent un rôle majeur en empêchant la corruption de se développer dans le monde entier », s’appesantit Cobus de Swardt, le directeur général de Transparency International.
La satisfaction dans les milieux officiels à Maurice, même si la comparaison avec les précédents classements n’est pas de mise, est que le score de 57 points obtenu, au-dessus de la barre des 50 donc, met le pays dans la « bonne catégorie » même si des efforts complémentaires s’imposent dans la lutte contre la fraude et la corruption. Commentant les résultats de l’indice de la corruption, Transparency International note que « deux tiers des 176 pays évalués dans l’indice 2012 obtiennent un score inférieur à 50, sur une échelle allant de 0 (perçu comme fortement corrompu) à 100 (perçu comme très peu corrompu). Cela démontre que les institutions publiques doivent être plus transparentes et les hauts fonctionnaires plus redevables. »
Transparency International soutient que « les gouvernements doivent intégrer des actions de lutte contre la corruption dans toutes les prises de décisions publiques. Parmi les priorités figurent l’amélioration des règles en matière de lobbying et de financement politique, la transparence accrue des dépenses et de la passation des marchés du secteur public, et la plus grande responsabilisation des organismes publics vis-à-vis des citoyens. Après une année au cours de laquelle la lutte contre la corruption a été privilégiée, nous attendons des gouvernements qu’ils durcissent leur position à l’égard de l’abus de pouvoir. » C’est ce qu’indique Huguette Labelle, présidente en exercice de Transparency International.
Avec la nouvelle méthodologie pour compiler le nouvel indice de perception de la corruption, Transparency International se base sur 13 sources différentes, dont les notations de la gouvernance de la Banque Africaine de Développement 2011, les indicateurs de gouvernance durable – Fondation Bertelsmann – 2011, l’indice de transformation – Fondation Bertelsmann – 2012, les notations des risques pays de l’Economist Intelligence Unit, le rapport sur les nations en transition – Freedom House – 2012, les notations des risques pays – Global Insight, le rapport annuel sur la compétitivité – IMD – 2012, l’analyse des pays asiatiques – Political and Economic Risk Consultancy – 2012, le guide international des risques pays – Political Risk Services, l’enquête sur la corruption des pays exportateurs – Transparency International – 2011, l’évaluation des performances politiques et institutionnelles des pays – Banque mondiale – 2011, l’enquête d’opinion auprès des cadres dirigeants – Forum économique mondial – 2012 et l’indice de l’État de droit – Projet de justice mondial – 2012