Introduits pour accompagner les élèves ayant des difficultés académiques, les départements prévocationnels ont toujours du mal à atteindre leurs objectifs. Le système a été lancé sans que les autorités concernées n’y accordent la foi nécessaire qui lui aurait permis de fonctionner. Ce qui a résulté en un mauvais encadrement des élèves, un système qui ne répond pas à leurs besoins, un manque d’engagement des enseignants. Ajouté à cela le laxisme des parents, et on comprend l’ampleur de la dégradation.
Pourtant, lorsque l’affaire est prise avec sérieux, les résultats sont positifs. On peut regretter l’absence d’engagement et de sincérité des autorités, dont le laxisme fait plus de tort aux jeunes, qui se retrouvent sous les feux des projecteurs lorsque les dérapages interviennent.
La violence et l’indiscipline font partie intégrante de ce milieu. Selon des enseignants qui évoluent dans le milieu prévocationnel, des cas sont rapportés quotidiennement. Certains sont mineurs et d’autres sont plus graves. Comme le cas de cette fille qui s’est fait tabasser par ses camarades de classe, qui avaient filmé la scène et qui l’ont circulé sur les réseaux sociaux. La violence de cette vidéo avait choqué, d’autant qu’il s’agissait de filles.
Bien qu’elle se dise attristée par cette affaire, Christelle, qui est professeur dans un des départements du Mauritius Institute of Training and Development (MITD) depuis neuf ans, n’est nullement surprise, car la situation au sein des établissements prévoc est alarmante. “Il y a un monde de différence entre les enfants qu’on accueillait il y a une dizaine d’années et ceux que nous avons aujourd’hui.” Christelle insiste sur le manque de discipline et de respect de ces adolescents envers leurs semblables et leurs aînés.