Reshmi Ramdhony, Professor au Mahatma Gandhi Institute (MGI), Moka, fut invitée au mois d’octobre dernier par le Ministry of Law and Human Rights de l’Indonésie pour des présentations qui tournaient autour de Gandhi et le mouvement de la liberté civile dans différentes parties du monde. Elle a eu, entre autres, des rencontres à l’Université Udayana, au Centre Shanti Bali, et aux bureaux regionaux de ce ministère à Denpasar et à Jakarta. Outre les discussions qu’elle y a eues avec le vice-ministre, Professeur Denny Indrayana, elle nous rapporte des clichés et ses impressions après une incursion à Bali, île ultime et destination no.1 dans le monde du tourisme. Elle nous explique pourquoi les Balinais subliment leur pays et que Bali est connue comme « L’île des dieux. » Ce séjour du Dr Ramdhony à Bali s’est concrétisé par l’entremise de Mme Usha Dwarka Canabady, secrétaire au ministère des Affaires étrangères, et M. Salim Joonas, consul de l’Indonésie à Maurice.
Loin de Paris et de Bénares, je me suis retrouvée à Bali. The universe opened up its magical portals et, comme j’en rêvais depuis longtemps déjà, je suis partie rencontrer « l’être humain universel » à Bali la Belle! Je n’ai visité cette île ni comme un érudit ni comme un professeur de langues et de littérature, ni comme une passionnée d’histoire de l’Inde ancienne, mais comme une voyageuse amoureuse de Bali. Ce compte rendu veut simplement informer, en me basant sur du vécu, partageant l’expérience d’une aventure très enrichissante, qui fut comme un état de grâce.
Dès le 8e siècle, on retrouve les premières traces d’une « indianisation » de Bali. Puis, quand les souverains indonésiens se convertirent à l’Islam, une bonne partie des fidèles de la religion hindoue se réfugia à Bali où elle conserva intactes ses croyances. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, 93% des Balinais sont hindous; il n’en reste que quelques petits groupes de musulmans, de protestants, de catholiques et de bouddhistes. La capitale de Bali, Denpasar, offre un témoignage parfait de la tolérance: les temples, les églises et les mosquées ont été construits les uns à côté des autres.
L’hindouisme indonésien
« Bali », qui veut dire offrande à Dieu, est surnommée « l’île des Dieux » ou « l’île de mille temples. » Ces temples furent construits à l’époque ancienne selon les Agama Shastras, surtout du point de vue architectural. Chaque village à Bali possède trois lieux de culte (Pura) consacrés à la Tri-Murti (Brahma le créateur, Vishnu le préservateur et Shiva qui amène tout cycle à son terme de destruction).  Ces temples ont le pouvoir de transformer les visiteurs. On y devient tout à fait réceptif. Toute l’île est comme un endroit consacré, c’est comme si l’île est envahie par une présence énigmatique qui permet de toucher à la Source.
Le Pura Besakih est le plus grand temple qui existe à Bali. Chaque Pura a son propre anniversaire qui se célèbre tous les 210 jours (une année lunaire). A cette occasion, les fidèles offrent d’artistiques compositions de fleurs, de fruits, de gâteaux, de riz, de viandes rôties et d’oeufs. L’architecture d’un temple à Bali est un décor qui prend sa place dans la nature. Les ombrelles d’apparat et les pyramides d’offrandes donnent un air de fête.
Chaque famille hindoue possède un édifice sacré, le Sangah, construit dans la cour pour honorer la mémoire vénérée des ancêtres et les esprits des conjoints disparus. Le Sangah est tourné vers la montagne Agung. Les rituels ont été observés depuis le début et se sont perpétués à travers les âges.
30,000 touristes à Bali chaque jour
Les principales sources de revenus sont l’agriculture, l’artisanat et, surtout, le tourisme qui s’est beaucoup développé pendant les 50 dernières années. Majid Agus, détenteur d’un doctorat sur la diaspora indonésienne et officier à l’Immigration, nous apprend que 30,000 touristes visitent Bali chaque jour. Cependant, les habitants ne sont nullement dérangés dans leurs rituels et cérémonies pendant que les bolés ou touristes visitent l’île.
Bali est caractérisée par une végétation luxuriante et des paysages verdoyants, par des rivages séduisants, par les vestiges imposants de son histoire, par le charme de ses traditions et rituels qui marquent la vie de chaque Balinais, ainsi que par la sérénité et la paix qu’on trouve chez eux. Le sens du sacré, une gentillesse spontanée, une nature d’une richesse exceptionnelle, une flore exubérante, des paysages qui reflètent la douceur de vivre, tout cet ensemble fait de l’île un lieu enchanteur et extrêmement fascinant.
Ubud : haut lieu de ressourcement
On vit sur cette île et, surtout, à Ubud dans le sacré, en contact direct avec les dieux. Les Balinais sont tout imbibés de leur foi. Avec le tikka de riz sur le front, ils ont l’air serein et ont une aura particulière. On y ressent partout une ambiance particulière avec tous les encens, les fleurs et les essences. Tout y a une touche écologique. Leur vie tourne autour de leurs croyances. Cela les rassure et ils s’y accrochent. Cette relation très spéciale qu’ils ont avec les défunts et les ancêtres est marquée par des rituels.
Les Balinais ont le visage calme de ceux qui ne convoitent rien, qui n’ont pas de désirs particuliers et dont la vie a un sens. Chacune de leurs actions est un acte spirituel. C’est parfait pour se ressourcer en y respirant l’air frais et parfumé. Toute l’île est comme un carré d’énergie consacré au bien-être, mais Ubud est la région artistique la plus riche de Bali. Le ressenti est si fort que c’est difficile d’en parler, ce qui réduirait le spirituel au terrestre.