Maurice jettera tout son poids lundi afin d’amener les autorités européennes à accepter que Maurice puisse bénéficier d’une dérogation afin d’importer un volume de 4 000 tonnes de thon en dehors de l’océan Indien. En effet, les conserveries mauriciennes souffriront d’une pénurie de poisson à partir d’octobre prochain et pourraient être forcées d’opérer au ralenti jusqu’à la fin de l’année.
C’est dans le but d’empêcher que la situation ne se détériore dans ce secteur que le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a quitté le pays ce matin à destination de Bruxelles. Il est accompagné de la directrice de la MEXA, Lilowlee Ramjun, qui a redoublé d’efforts afin d’alerter les autorités mauriciennes sur la situation dans laquelle se trouvent les conserveries. La résolution de la CTOI prévoit que, depuis le 1er janvier, les États membres dont la capture de thon jaune est supérieure à 5 000 tonnes devront réduire leur capture de 15% par rapport au niveau de capture enregistré en 2014. Il se trouve qu’en juillet, les navires de pêche espagnols et seychellois évoluant dans la région de l’océan Indien ont capturé 75% de leur quota total et seront ainsi forcés d’arrêter leurs activités en octobre. Quant aux navires mauriciens, ils ne seront pas affectés tant que leurs captures ne dépassent pas les 5 000 tonnes. Cependant, nos conserveries comptent énormément sur l’apport des navires européens et seychellois pour satisfaire leurs besoins en poissons. « Il n’y a plus de thon dans l’océan Indien. Nous sommes donc confrontés à un déficit possible devant un manque de matières premières. Prince Tuna traite annuellement quelque 110 000 tonnes de poissons. D’où l’importance d’obtenir d’urgence une dérogation pour l’importation de 4 000 tonnes de thon en dehors de l’océan Indien », fait-on ressortir au ministère des Affaires étrangères.
Vishnu Lutchmeenaraidoo et Lilowtee Ramjun auront une rencontre cruciale avec les plus hautes autorités européennes dans le but d’obtenir cette dérogation, considérée comme « capitale » pour les conserveries mauriciennes.