Le Groupe Saint Aubin a officiellement inauguré cette semaine en présence du Premier ministre Navin Rangoolam le projet « SABIO » (Saint Aubin Artisanal and Biological Integrated Operations), qui a nécessité plusieurs années d’efforts et qui cadre avec le concept « Maurice, île durable ». Le groupe Saint Aubin s’est effectivement lancé dans une initiative totalement innovante afin d’apporter le maximum de valeur ajoutée à la canne à sucre, l’objectif étant de diversifier l’industrie cannière sur la propriété en développant un commerce dérivé de produits exclusivement bio.
Inspirées par le nouveau slogan « Saint Aubin – 1819 – From tradition to innovation », les équipes menées par Patrick Guimbeau, Managing Director de Saint Aubin, ont développé un projet agro-touristique inventif autour de nouveaux produits aussi bien que des valeurs sûres de la sucrerie.
« Avec la chute des prix du sucre annoncée de 36 %, il était vital de conférer plus de valeur ajoutée à nos cannes à sucre », déclare Patrick Guimbeau. « C’est pourquoi nous avons mis en place le projet SABIO qui est un projet intégré à plusieurs dimensions », précise le Managing Director de Saint Aubin. Avec son objectif à terme de fabrication de produits exclusivement bio, dont la demande est en constante croissance, Saint Aubin propose deux types sucres spéciaux à forte valeur ajoutée : le Jaggery et le Khandasary. Ces sucres en pain et en cristaux respectivement, souligne le communiqué, sont particulièrement appréciés et consommés des Indiens car non raffinés et à haute valeur nutritive. Grâce à une technicité et des machines importées de la Grande péninsule, Saint Aubin vise aujourd’hui un marché niche en mettant largement en avant les bienfaits pour la santé de ces deux produits.
Conscient des enjeux environnementaux mis en exergue par le concept « Maurice, île durable », SABIO, indique la direction, a aussi une dimension alliant énergie et agriculture, répondant ainsi aux dispositions de la nouvelle Mauritius Cane Authority Act. Un bio-fertilisant peut désormais être produit avec de la vinasse issue de la distillation des cannes et répandu sur les champs de la propriété. Saint Aubin produit du bioéthanol hydraté qui lui permettra éventuellement d’économiser entre 20 et 40% de sa consommation de diesel sans compter les émissions de gaz à effet de serres qui sont grandement réduites. « Nous avons déjà produit du biogaz à partir de la vinasse dans un projet pilote et nous avons aussi vu en Inde des projets de biogaz qui donnent de bons résultats. Nous avons encore des investissements à faire pour ce projet mais nous espérons être opérationnels dans le courant de l’année prochaine », annonce Patrick Guimbeau. Des négociations sont déjà en cours avec le Central Electricity Board (CEB).
Saint Aubin, fait-on ressortir, ne compte pas pour autant renoncer aux produits phares qui ont fait sa réputation. Rhums et liqueurs sont les porte-drapeaux d’une maison dont les origines remontent à 1819. Les nouveaux produits tels le sirop de canne, miel, jus, vinaigre de canne sont à l’étude. La compagnie compte d’ailleurs s’ouvrir encore plus aux marchés extérieurs avec la commercialisation du « Red Cane », un rhum à base de jus de canne produit par sa nouvelle distillerie.
« Nous savons que le pays a besoin de devises étrangères et que nous devons trouver des marchés à l’extérieur », justifie Patrick Guimbeau. Saint Aubin va également miser sur ses atouts touristiques. Le projet SABIO comprend un volet touristique et éducatif avec la « Route du thé », circuit touristique déjà offert par le groupe. Le groupe a recréé une petite manufacture autour de la vieille cheminée qui se dresse au coeur de la propriété. « L’usine est comme un éco musée vivant où Mauriciens comme touristes peuvent voir toutes les étapes de la transformation de la canne », indiquent les milieux concernés.
Au coût total de plus de Rs 400 millions, le groupe Saint Aubin souhaite activement développer, à travers le projet SABIO, le potentiel touristique de la région, tout en contribuant au développement socio-économique du pays. La direction de l’établissement ajoute que grâce au projet SABIO, l’activité et l’emploi à St-Aubin ont été préservés. Des emplois additionnels ont de plus été créés dans la région.