Le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a indiqué jeudi que le gouvernement a déboursé la somme de Rs 4 milliards en termes d’avance à hauteur de 80 %, destinées à quelque 17 000 petits et moyens planteurs de 2010 à ce jour dans le but de les dissuader d’abandonner la culture de la canne à sucre.
M. Faugoo rappelle les circonstances dans lesquelles cette avance de 80 % est octroyée aux planteurs. « L’industrie sucrière a été frappée par une baisse de 36 % du prix de sucre sur le marché européen en 2008, suivie du démantèlement du Protocole sucre. Outre la crise dans l’industrie sucrière, il y a eu la crise financière en Europe. Il était crucial pour le gouvernement de prendre des mesures d’intervention en faveur de petits planteurs », dit-il, en insistant sur la viabilité de l’industrie sucrière. « Le gouvernement a mis en oeuvre une panoplie de mesures en vue de permettre aux planteurs d’augmenter leur productivité ainsi que leurs revenus de 20 à 25 % et de réduire leurs coûts de production. »
S’agissant des mesures prises par le gouvernement, dans le cadre de la réforme dans l’industrie sucrière, Satish Faugoo rappelle la fusion des six institutions qui opéraient dans cette industrie auparavant pour créer la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA). « Nous avons aussi réduit le cess, taxe à l’exportation qui frappe le sucre de Rs 519 M à Rs 287 M et la prime d’assurance du Sugar Insurance Fund Board (SIFB). En même temps, nous avons mis en place un plan de subvention du compost à hauteur de Rs 30 M en 2013, entre autres, destinées aux petits planteurs », fait-il ressortir. Sans oublier la somme de Rs 2 000 par tonne de sucre que le gouvernement offre à ces planteurs pour les récoltes de 2014 et de 2015. Ce qui devrait coûter une somme de Rs 400 M à l’État. « Beaucoup a été fait et il reste encore beaucoup à faire dans cette industrie. Le sucre a encore de l’avenir. Nous allons aussi voir comment le Syndicat des Sucres peut augmenter ses revenus et réduire ses coûts d’opération. »
Pour le président du Syndicat des Sucres, Cyril Mayer, les planteurs sont en train d’améliorer leur compétitivité et leur performance depuis la mise en application de cette mesure qui leur permet d’avoir un meilleur cash-flow et d’améliorer les pratiques agricoles. « Le sucre n’a plus de prix garanti et le secteur opère dans des conditions difficiles ». Le sucre a rapporté des revenus de Rs 20 milliards sous forme de devises étrangères au pays en 2013.