Lors de la prière annuelle pour le début de la récolte de cannes, organisée hier par la Savanne Benevolent Society au kovil Amma Tookay, dans le Sud, le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, a déclaré que « l’industrie cannière passe par certaines difficultés, mais elles ne sont pas insurmontables ».
« Nous avons toujours pu remonter la pente, car nous avons la capacité de résister aux difficultés. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes embarqués dans la réforme de cette industrie à l’époque où l’on mettait fin au Protocole sucre en 2000/2001. C’était un projet de réforme en profondeur afin de pouvoir redresser la situation et préparer le pays à faire face à la baisse du prix du sucre de l’ordre de 36 % », affirme le ministre. C’est de cette façon, dit-il, que cette industrie a été centralisée, le nombre de travailleurs a été réduit à travers un plan de retraite volontaire (VRS) afin de baisser les coûts de production. « Ces travailleurs ont contribué énormément à l’avancement et à la modernisation de cette industrie et du pays », fait ressortir Mahen Seeruttun. L’industrie sucrière, dit-il, a de tout temps aidé considérablement au développement du pays. « Il y a volet historique, émotionnel et surtout économique qu’il ne faut pas oublier dans cette industrie ».
Mahen Seeruttun estime que l’industrie cannière représente plus de 2 % dans l’économie du pays. « Nous avons tendance à penser seulement en termes de production sucrière. Mais lorsqu’on pense à son apport énergétique, environnemental et aussi aux autres produits que nous faisons à partir de la canne à sucre, la contribution de cette industrie dépasse largement les 2 % dans notre économie ». Il en veut pour preuve le nombre grandissant de touristes qui viennent à Maurice pour admirer le paysage mauricien et ses plantations de canne à sucre. « Si nous respirons de l’air pur, c’est en grande partie grâce à la canne à sucre qui absorbe le CO2 dans l’atmosphère, dans notre environnement. Ce qui aide le pays énormément ».
Les difficultés auxquelles fait face cette industrie ne datent pas d’hier, poursuit Mahen Seeruttun. « Il y avait, à l’époque, plus de 200 usines, dont le nombre a été réduit au fil des ans pour atteindre 21 en 1970, huit en 2005 et quatre aujourd’hui ». À une époque, il y avait environ 70 000 travailleurs dans cette industrie, aujourd’hui, il n’y en a que 8 000. La superficie de culture de cannes est passée de 65 000 hectares en 2005 à moins de 50 000 aujourd’hui, et le nombre de planteurs de 26 000 à 15 000.
Les défis pour l’industrie cannière ne sont pas terminés. En 2017, le quota sucrier pour les producteurs européens va être enlevé. Ce qui signifie que le secteur fera face à une nouvelle baisse des prix du sucre qui ont déjà chuté de Rs 16 000 la tonne en 2013 à Rs 12 500 en 2014. « Imaginez les difficultés si les prix baissent davantage après 2017 », souligne le ministre.