Dans ses commentaires sur les propositions du Budget 2015-16, le président de la Planters Reforms Association (PRA), Salil Roy, dit être déçu que le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, n’ait pas mentionné le secteur de la canne à sucre, ne serait-ce qu’une seule fois, lors de la présentation du Budget la semaine dernière. « En tant que planteurs, nous sommes exclus du Budget », lance-t-il avant de soulever plusieurs points qui démontrent, selon lui, que ce secteur est en nette régression.
Salil Roy dit avoir appris par la suite que le gouvernement compte offrir une assistance financière de Rs 2 000 par tonne de sucre aux planteurs qui produisent moins de 60 tonnes de sucre et Rs 3 400 la tonne à ceux qui produisent plus, et ce « grâce aux fonds du Sugar Insurance Fund Board (SIFB) ». Il ajoute : « On est en train de morceler la communauté des planteurs de cette manière. On oublie que nous sommes tous dans le même bateau. Dans notre mémorandum au ministre, nous avions réclamé un seuil de Rs 16 000 la tonne et tout ce qui vient après va “top up” cette somme. La mentalité d’assistanat n’existe pas chez les planteurs. » Et d’indiquer que beaucoup de planteurs n’ont pas encore appliqué de fertilisants à leurs plantations « faute de moyens financiers ». Selon lui, on n’applique en effet pas de fertilisants au mois d’avril. « Avec le prix du sucre qui est en baisse, aussi bien que le rendement, c’est un cocktail explosif pour la communauté. »
Pour le président de la PRA, la présentation du Budget était une occasion pour réduire les disparités entre les différentes parties de l’industrie cannière afin de pouvoir augmenter les revenus des petits planteurs. D’abord en commençant par amender la Sugar Industry Efficiency Act (SIEA) pour que le prix offert aux planteurs pour leur bagasse soit revu à la hausse. « Nous obtenons Rs 24 par tonne de bagasse. C’est insultant, et ce alors qu’on utilise cette matière première pour produire de l’électricité propre. Savez-vous qu’en utilisant la bagasse, on empêche l’importation de 250 000 tonnes de charbon par le pays ? Quel impact cela aurait-il sur notre environnement et notre balance des paiements ? », s’interroge-t-il. Selon lui, s’il n’y avait pas de canne à sucre à Maurice, « dimoune ti pou bizin mars avek mask ».
Salil Roy déclare que l’abandon de terres par les petits planteurs est un autre gros problème qui affecte l’industrie cannière, malgré le projet d’épierrage appelé FORIP. « Sa li bien grav sa », estime notre interlocuteur, ajoutant : « Il se poursuit à une vitesse vertigineuse. Il faut mettre en place un système de gestion des terres des petits planteurs avec l’aide des propriétés sucrières et des contracteurs à un coût raisonnable. Que se passera-t-il si, demain, il n’y a plus de bagasse pour produire de l’énergie propre ? Y a-t-on pensé ? »
Il demande aussi que les difficultés légales soient aplanies pour permettre aux planteurs d’offrir une portion de terre d’une superficie maximale de 20 perches à leurs enfants pour construire leur maison. « Tel que le système l’est actuellement, même si les terres sont abandonnées, elles restent des terres agricoles qu’on ne peut utiliser à d’autres fins », dit-il. Salil Roy prévient : « Si zot met beton lor sa 7 000 hektar ki zot pe release la, zenerasyon fitir pou gayn problem de food security. Let’s tread cautiously. »