Le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) a développé quatre nouvelles variétés de cannes à sucre que sont la M2283/98, la M683/99, M2502/99 et la M1392/00. Le Cane Release Committee a récemment recommandé au ministère de l’Agro-industrie l’homologation de ces quatre variétés pour l’exploitation commerciale visant à augmenter la production sucrière au niveau national.
L’objectif des recherches, selon Salem Saumtally, directeur du MSIRI, est de produire un maximum de sucre à l’hectare. « Outre le rendement en sucre, la variété concernée doit repousser correctement, s’adapter aux différents types de sol et aux différentes zones agroclimatiques », déclare-t-il, ajoutant qu’il faut aussi trouver des variétés résistantes aux maladies et aux insectes, qui poussent droit et qui sont plus faciles à dépailler et à récolter. Le Research Officer du Cane Breeding Department du MSIRI, Goolam Badaloo, déclare rechercher des variétés cultivables à des périodes spécifiques. « Il nous faut des variétés pour démarrer la coupe en juin/juillet, des variétés qui donnent un maximum de sucre tard dans la saison après le mois d’octobre, et aussi des variétés qu’on récolte à mi-saison en septembre. » L’idée est d’augmenter la productivité grâce aux caractéristiques des nouvelles variétés afin de faire baisser les coûts de production.
Un millier de croisements sont réalisés chaque année avec des hybrides développés localement par le MSIRI et/ou en combinaison avec des géniteurs produits par des centres de recherches à travers le monde, notamment d‘Afrique du Sud, d’Australie, de Colombie, du Guatemala, du Mexique et de La Réunion. « La création de nouvelles variétés est coûteuse et peut durer 12 à 15 ans. Les croisements entre les géniteurs potentiels se décident en fonction des besoins des agriculteurs et les objectifs du pays (vigueur en champ, richesse en sucre, tallage, résistance aux pathogènes), mais aussi de la fertilité des géniteurs choisis », déclare Goolam Badaloo.
Chaque année, environ 50 000 plantules sont mises en champ, suivant des dispositifs expérimentaux à répétition. La sélection se fait de façon objective (richesse saccharine, rendement en canne et en sucre, floraison faible) et visuelle (robustesse, signes visibles de maladies, etc). Les variétés sélectionnées sont ensuite cultivées en ligne. « Petit à petit, les variétés les moins performantes sont éliminées et la surface occupée par chaque nouvelle variété prometteuse augmente. Les variétés retenues sont évaluées sur plusieurs repousses et des tests concernant le taux de sucre, le rendement et la résistance aux principales maladies sont effectués. » Seules une ou deux variétés répondant à tous ces critères sont retenues. Ce sont des variétés prometteuses à fort potentiel.
Salem Saumtally fait ressortir que le MSIRI privilégie de plus en plus les variétés en forte teneur de fibre. « Avant le pourcentage de fibre était d’environ 12%, mais il y a maintenant des variétés qui donnent environ 16% de fibres, soit 25% en plus. L’objectif est de trouver des variétés qui puissent nous donner un fort rendement en sucre, mais aussi en fibres. » Et de relever que le pays fait face à de grands défis dans ce secteur, tels l’amélioration de la profitabilité, la baisse des coûts de production et un plus grand rendement par unité de surface. « La recherche de nouvelles variétés peut nous aider à atteindre ces objectifs. À cet effet, nous développons tous les ans un certain nombre de “seedlings”. Une vingtaine de variétés sont actuellement en culture pour remplacer les anciennes variétés », souligne-t-il.