Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire Satish Faugoo est intervenu ce matin lors du lancement officiel de la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), à Réduit. « Il est inimaginable qu’en 2013, la Rose-Belle SE ne puisse payer ses employés et que la CNT ne puisse vivre alors que d’autres compagnies de transport, malgré les pertes encourues, diversifient leurs activités », a-t-il lancé, avant d’insister sur un nécessaire changement d’attitude.
Le ministre Satish Faugoo a dit espérer que la MCIA devienne une institution forte et efficace. « Elle n’a pas le choix. Mais comment procédera-t-elle ? Nous devons avoir un sens d’appartenance à cette institution, c’est le plus important, mais aussi de bons salaires et des promotions », a-t-il déclaré aux employés de la MCIA, réunis à la salle Bonâme. Poursuivant, il a souligné que d’autres établissements sucriers, malgré leurs difficultés économiques, sont en train de diversifier leurs activités. « Mais que se passe-t-il à Rose-Belle SE ? Si ce n’est le manque de responsabilité et de vision, ou l’absence de sens d’appartenance, alors je ne vois aucune raison expliquant la situation financière difficile de l’établissement », a-t-il dit. Et de citer le cas de la CNT comme un autre « mauvais exemple » de gestion.
M. Faugoo a averti la MCIA que l’industrie cannière fera face à de nouveaux défis en raison de la politique agricole commune de l’Union européenne et l’ouverture des marchés européens aux pays d’Amérique du Sud. « Il ne faut pas dormir sur nos lauriers. Il nous faudra de nouvelles mesures pour consolider davantage cette industrie. Nous devons rester mobilisés pour transformer les défis en opportunités », a-t-il fait ressortir.
Auparavant, le ministre s’est demandé ce que serait devenu notre industrie sucrière si des décisions « courageuses » n’avaient pas été prises. Et de citer notamment la fusion des six services providers à cette industrie en une seule entité, la MCIA, qui a permis une réduction du montant du Cess (taxe d’exportation) de Rs 519 M à Rs 280 M en 2012 en faveur des producteurs sucriers. Pourtant, malgré cette mesure, bon nombre de producteurs sont en train de quitter le secteur. « Notre plus grand défi est de les ramener dans cette industrie ou, au pire, de stopper leur départ », a-t-il affirmé.
Pour le président de la MCIA, Salil Roy, aucune industrie au monde n’a survécu à une baisse des prix de l’ordre de 36%. « Nous avons fait mieux, nous avons réduit notre personnel sans licencier. Si l’on veut drive out of business, we just do business as usual. Il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde très compétitif », a-t-il lancé, avant de souhaiter l’exploration de nouveaux marchés pour le sucre mauricien.
Pour sa part, le représentant du Front commun des employés, P. Ramasawmy, s’est dit « heureux » que la voix des employés ait été entendue dans les négociations en vue de fusionner ces six institutions sous la MCIA.