Le groupe Terra a réalisé des profits après impôt s’élevant à Rs 650 millions, selon les résultats financiers soumis à l’Assemblée générale des actionnaires et présentés à la presse par Cyril Mayer, directeur de Terra Mauricia Ltd, en présence des autres directeurs de la compagnie. Ces profits représentent une baisse de 14,5 % par rapport à l’année précédente, alors que le chiffre d’affaires a maintenu une certaine stabilité à près de Rs 4,2 milliards au 31 décembre 2012.
Cyril Mayer a expliqué que ces résultats financiers ont été obtenus dans le cadre d’une économie morose tant sur le plan local qu’international. À Maurice, les dernières prévisions officielles indiquent un taux de croissance économique de 3,3 % pour 2012 en baisse par rapport aux prévisions précédentes. Le chômage a atteint un taux de 8 % (52 000 personnes). La plupart des secteurs subissent les effets de la crise internationale et les résultats ne sont pas très bons.
Passant en revue la performance du groupe, Cyril Mayer a observé qu’à la suite du rebranding opéré en 2011, l’année 2012 a été celle de l’échange des actions d’Harel Frères Ltd dès janvier contre celles de Terra Mauricia.
Durant les douze mois qui ont suivi l’introduction des actions de Terra sur le marché boursier, sa valeur a fluctué entre Rs 37,20 et Rs 41,50 pour devenir la 4e valeur la plus échangée de l’année. Le résultat attribuable à l’actionnaire a baissé de Rs 82 millions et le bénéfice par action pour 2012 est de Rs 2,20 par rapport à Rs 2,56 pour 2011. « Ceci est principalement dû à une récolte sucrière inférieure à celle de 2011 et à un taux d’appel d’électricité réduit, ainsi que des travaux d’entretien non récurrents entrepris au cours de l’exercice 2012 par Terragen Ltd. Ces résultats appréciables ont néanmoins permis à la compagnie de maintenir le paiement d’une dividende de Rs 182 millions soit Rs 0,80 par action. » Cyril Mayer a expliqué que l’année 2012 a été l’occasion d’une réévaluation des terres et des bâtiments du groupe Terra par un évaluateur professionnel. Terra affiche donc des fonds propres s’élevant à Rs 16,5 milliards (Rs 72,41 par action) comparativement à Rs 12 milliards (Rs 52,64 par action) pour 2011. La dette du groupe, qui célèbre cette année ses 175 ans, est estimée à Rs 640,5 millions soit 3 % de ses fonds propres.
« Malgré la situation économique difficile en Europe et aux États-Unis, ainsi qu’un taux de croissance local revu à la baisse pour 2013, nous pouvons nous attendre à une performance raisonnable du groupe Terra en 2013. Notre objectif sera de rester attentif aux opportunités d’investissement, tant localement qu’en Afrique, dans les secteurs d’activités où nous avons des compétences et de saisir d’autres possibilités d’investissement dans des secteurs à forte croissance », a soutenu Cyril Mayer.
Pour le Managing Director de Terra, l’abolition des quotas sucriers en Europe n’a pas beaucoup affecté les producteurs mauriciens. « La fin des quotas ne veut pas dire que le marché européen sera ouvert au monde entier. Ce marché reste extrêmement protégé des pays comme le Brésil ou la Thaïlande, entre autres. Les pays les moins avancés et les pays ACP (Afrique Caraïbes et Pacifiques) maintiennent un accès privilégié sur ce marché qui est le plus rémunérateur du monde.
« À Maurice, nous avons fait des réformes qui ont apporté des valeurs ajoutées à notre produit. Le seul pays ACP et PMA à pouvoir exporter la totalité de ses exportations, soit les sucres spéciaux soit le sucre blanc, est Maurice, qui s’est bien préparée en vue d’une éventuelle abolition des quotas. L’accès sera plus volatile mais cela ne nous inquiète pas beaucoup. De toute façon, nous avons jusqu’à 2017, soit trois ans, pour consolider notre position », a soutenu le directeur de Terra Mauricia Ltd.
S’agissant de la participation de 10 % dans la Banyan Bank, Cyril Mayer a expliqué que Terra apprécie la façon dont cette banque se positionne pour desservir le flux d’investissement entre l’Inde et l’Afrique. « Maurice est bien placée pour jouer un rôle dans ces flux. La Banyan Bank a une très bonne connaissance de l’économie indienne et du secteur bancaire indien et elle est bien placée pour devenir un acteur important et incontournable dans ce domaine », explique M. Mayer. Il a de plus observé qu’étant donné que Terra a des ambitions en ce qui concerne l’Afrique, faire partie de la banque qui partage notre ambition, ne fera qu’améliorer notre vision de l’Afrique, évaluer les risques africains. Cela aidera à identifier des possibilités d’investissement en Afrique. Ce qui cadre très bien avec notre stratégie à moyen terme.
Au chapitre énergétique, Cyril Mayer a souligné la nécessité pour une centrale d’emprunter de l’argent au moment de son démarrage qui doit bien sûr être remboursé. Ce qui explique, selon lui, la pratique des tarifs élevés pour pouvoir générer assez d’argent pour rembourser le capital et les intérêts. La centrale de Terragen a remboursé des dettes durant les douze dernières années et aujourd’hui que les emprunts ont été remboursés, le tarif a baissé en conséquence.
S’agissant des sources énergétiques, Cyril Mayer observe que le rêve de tout le monde est de produire de l’énergie à partir de la biomasse. « Il faut voir la réalité en face et se dire que l’énergie renouvelable ne pourra répondre totalement à nos besoins énergétiques. Nous serons obligés pendant pas mal d’années de continuer à produire l’énergie fossile soit à partir du charbon soit à partir de l’huile lourde. Avec le prix actuel des produits pétroliers, le KWh est plus cher que la production de l’énergie à partir du charbon. Il faut reconnaître que l’huile lourde est moins polluante que le charbon. Mais la technologie a évolué et il existe des technologies susceptibles de réduire l’impact des dégâts. Le charbon est pour le moment incontournable. Il est bon que la NEC ait fait le tour de la question. Attendons sa conclusion et voyons quelles sont les initiatives qui seront prises et comment nos besoins à moyens termes seront satisfaits », a déclaré Cyril Mayer.
Par ailleurs, Cyril Mayer a expliqué que toute la bagasse à Maurice est utilisée pour produire de l’énergie. Cependant, certaines centrales utilisent la bagasse de manière plus efficiente que les autres. Terragen et les centrales du sud travaillent à des pressions élevées. Ce qui permet d’extraire un maximum d’énergie. Les centrales de l’est fonctionnent à des pressions plus basses et n’exploitent pas totalement le potentiel énergétique dont elles disposent. Une centrale de dernière génération corrigerait ce problème.
S’agissant des éventuels investissements dans la production énergétiques, Cyril Mayer a expliqué que Terra étudie les moyens de sécher davantage la bagasse de façon à retirer plus d’énergie. Il y a aussi la possibilité d’utiliser la biomasse des champs et de la brûler. « Nous ne pensons pas augmenter la taille de Terragen. Toutefois, si jamais il y a des request for proposal, nous pourrions répondre à une offre pour la construction d’une seconde centrale », a soutenu le CEO de Terra.
Interrogé quant à la production des sucres spéciaux, Cyril Mayer rappelle que sur 120 000 tonnes de ces catégories de sucres, Terra produit quelque 85 000 tonnes. Ces sucres sont exportés en Europe et dans le reste du monde. « Nous avons acquis un savoir-faire dans les sucres spéciaux qui est inégalé ailleurs. C’est un petit marché mais un marché porteur », a conclu le directeur de Terra Mauricia Ltd.