Foods Worth Ltd, entreprise engagée dans la transformation et l’exportation des « banana chips », tourne actuellement sur une bonne base malgré un manque de sa principale matière première. « À cause de la maladie qui affecte les bananiers depuis 2014, nous avons subi un manque d’environ 10 % dans notre fourniture de cette matière première. Si cette situation persiste, nous serons obligés de nous tourner vers l’importation », lance Ved Luchmun, directeur de Foods Worth Ltd, située à Nouvelle-France.
Selon Ved Luchmun, ils sont nombreux les planteurs, qui sont ses fournisseurs réguliers de bananes avec environ 75 % de la demande, qui se plaignent de la banana freckle disease (tache noire) qui affecte la qualité de ce fruit. « Cette maladie empêche la banane de grossir, et elle lui donne une vilaine couleur, des taches noires sur la peau », dit-il. Cette maladie est apparue en 2014 et selon notre interlocuteur, rien n’a été fait pour arrêter sa progression pendant un bon bout de temps. De ce fait, les planteurs sont découragés et ils ne veulent pas investir dans cette culture, « surtout qu’ils ne bénéficient, disent-ils, d’aucun soutien du ministère de l’Agro-industrie ». M. Luchmun estime qu’il faut se presser, « sinon nou riske perdi banann osi kouma nou finn perdi dite ». « Je pense que la situation deviendrait catastrophique dans les deux à trois années à venir. Si j’arrive à manquer de bananes, il me sera alors très difficile de produire des banana chips, un produit qui a déjà une bonne image sur le marché mondial », dit-il.
Autre difficulté évoquée par Ved Luchmun : le coût du fret aérien vers les pays du Golfe qui représentent de nouveaux marchés pour son entreprise. Ses commandes augmentent dans cette région et il n’a pas d’autre choix que de les expédier que par le biais de Emirates Airlines. « Le coût du fret pratiqué par cette compagnie est cher par rapport à nos moyens. Le gouvernement doit faire quelque chose à ce sujet sinon nous risquons de perdre un marché porteur », soutient notre interlocuteur.
Qu’importe ses difficultés présentes, Ved Luchmun continue d’innover. Il a lancé récemment trois nouveaux produits, des « banana chips » avec différents goûts : épices, fromage et oignon et poulet. Depuis sa création, il y a environ deux décennies, l’entreprise ne produisait que des « banana chips » au goût naturel. Environ 40 % de sa production est exportée et le reste est vendu sur le marché local. Livrés auparavant dans des sachets en plastique, les « banana chips » arrivent maintenant dans du papier en aluminium, renfermés dans une boîte en plastique qui leur donne un nouveau cachet, plus pratique et moderne. Ce qui a plu aux consommateurs locaux et étrangers car, selon Ved Luchmun, les ventes de son produit ont augmenté, d’une production de deux tonnes de bananes vertes mensuellement, il y a dix ans, à quinze tonnes actuellement. Le nouvel emballage tient aussi les consommateurs informés de la provenance du produit et de ses valeurs nutritives. Les « banana chips » sont proposés en trois différents logements de 40, 150 et 500 grammes.
Pour le directeur de Foods Worth Ltd, les Mauriciens n’apprécient pas assez l’importance de la banane dans leur espace alimentaire. « On ne la cultive que pour la consommer mûre et un peu pour en faire du vindaye chez soi », rappelle-t-il, avant d’encourager toute la population, surtout les planteurs, à cultiver ce fruit, car son entreprise a besoin de grandes quantités de bananes vertes.
Chez Foods Worth Ltd, qui emploie environ 25 personnes, on se soucie aussi de l’environnement dans le sens que les 5 000 litres d’huile végétale utilisés tous les mois par l’entreprise pour faire frire les bananes vertes ne sont pas déversés dans la nature. Ils sont récupérés et vendus à une autre entreprise à des fins de recyclage. Les ordures générées par la banane sont, elles, utilisées pour fabriquer du compost.