« Le groupe Phoenix Beverages Ltd est très solide financièrement et nous comptons utiliser cette force pour promouvoir davantage le développement de l’entreprise et de sa gamme de produits, tant à Maurice que dans la région », a déclaré hier après-midi Jean Claude Béga, président du conseil d’administration de PBL, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Labourdonnais, au cours de laquelle a été passée en revue la performance de l’entreprise pour l’exercice 2013-14. PBL a terminé le dernier exercice financier avec des profits opérationnels en hausse de 23%, à Rs 356 M, mais la direction n’a pas manqué de souligner que sur les Rs 2,9 milliards de richesses créées par l’entreprise, Rs 2 milliards ont été versées dans les coffres de l’État sous forme de taxes diverses.
Le groupe PBL a enregistré une croissance de 7% de ses revenus à Rs 4,8 milliards alors que ses profits opérationnels, avant frais financiers, sont passés de Rs 288,7 M à Rs 356,3 M. Les bénéfices après impôts ont fait un bond conséquent, grimpant de Rs 229,4 M à Rs 654,1 M après comptabilisation des gains nets réalisés sur la vente de la filiale du groupe dans la Grande Ile, aussi connue comme La Nouvelle Brasserie de Madagascar. Cependant, a expliqué Patrick Rivalland, Chief Operating Officer de PBL, le poids des taxes (droits d’accise, droits sur les bouteilles en plastique, les cannettes, le sucre, l’impôt sur les profits, entre autres) continue à peser lourd sur les résultats de l’entreprise.
Sur un montant total de richesse (chiffre d’affaires moins le coût des intrants) créée par PBL au cours de l’exercice financier 2013-14, soit Rs 2,9 milliards contre environ Rs 2,7 milliards en 2012-13, le groupe a eu à verser Rs 2 milliards à la Mauritius Revenue Authority pour diverses taxes. Ce montant est en progression de l’ordre de 10%, a indiqué Patrick Rivalland. Le responsable des finances de PBL a fait ressortir que la bière est un produit hautement taxé, le droit d’accise ayant augmenté de 89% au cours des quatre dernières années. Il a souligné que sur les Rs 57 (prix recommandé aux détaillants) que rapporte une bouteille de bière, Rs 23,34 reviennent à l’État sous forme de droit d’accise, Rs 7,43 sont payées pour la TVA, Rs 21,06 représentent les frais (matières premières, emballage, dépréciation) et les profits de PBL et le reste, soit Rs 5,18, constituant la marge accordée aux détaillants. « Comme on peut le constater, les taxes représentent plus de 50% du montant de Rs 57 », a ajouté Patrick Rivalland. Ce dernier a aussi argué que le droit d’accise sur la bière est plus élevé que celui sur le rhum.
La direction de PBL a annoncé que la vente de ses parts dans la Nouvelle Brasserie de Madagascar a généré des profits de Rs 289,1 M, qui ont largement contribué à éliminer l’endettement du groupe. Concernant la performance de Phoenix Réunion, PBL assure uniquement la commercialisation de ces produits à Maurice. Plusieurs facteurs défavorables ont influé sur les résultats 2013-14 : niveau de chômage croissant, baisse des arrivées touristiques et changement dans le « droit d’alcool » et une concurrence accrue.
Malgré un environnement économique difficile, des pressions sur les dépenses des consommateurs et la concurrence des autres boissons produites localement ou importées, PBL a pu afficher des résultats améliorés en 2013-14 et élargir tout récemment sa gamme de produits non alcoolisés avec le rachat de la marque Eski. « Nous sommes confiants qu’avec Eski, le groupe dispose d’un potentiel de croissance très élévée », a déclaré Bernard Theys, Chief Executive Officer (CEO) de PBL. Ce dernier a rappelé qu’Eski est présent sur le marché local depuis 1969. « Eski est une marque ayant une portée émotionnelle dans le coeur de tous les Mauriciens. Avec ces trois parfums phares (vanille, fraise et amande), d’ailleurs très prisés des consommateurs, le choix se trouvera renforcé avec une diversité de produits dans les différents points de vente desservis par PBL », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, PBL vient de relancer la commercialisation de la chopine de 200 ml de Coca-Cola au prix de Rs 10 l’unité. La direction annonce également étudier la possibilité de lancer d’autres catégories de boissons (des produits de santé, en particulier). Malgré son départ de la Grande île, Bernard Theys affirme que le groupe gardait un appétit d’ogre pour les marchés de la région. PBL n’écarte pas la possibilité de retourner à Madagascar si des conditions favorables se présentent.