Les planteurs appelés “Very Very Small Sugar Cane Planters”, qui occupent de petites superficies de terres de l’État à bail depuis plusieurs décennies, estiment vivre des difficultés économiques extrêmes. Ils opéreraient à perte sur leurs terres d’une superficie de un ou de deux arpents dans différentes régions du pays. Ils ont écrit à trois ministres (Agro-industrie, Finances et Terres) pour leur demander d’être leur porte-parole auprès du gouvernement pour que l’on considère leur situation lors du prochain exercice budgétaire prévu à la mi-mars prochain.
Un membre de la succession T.P. Munbodh, qui exploitait dans le temps entre trois et quatre arpents de terre, mais moins d’un arpent actuellement, explique que les différentes baisses des prix du sucre sur le marché international depuis les dernières années ont affecté sérieusement leurs activités. « Nous opérons à pertes. Nous n’arrivons même pas à joindre les deux bouts », fait-il ressortir.
D’abord, les coûts des intrants ont augmenté considérablement depuis ces dernières années, affirme notre interlocuteur en parlant du coût de la main-d’oeuvre, qui devient de plus en plus rare et coûteuse, des prix exorbitants des fertilisants et du transport. « Outre ces frais, nous avons aussi à verser un loyer, soit entre Rs 1 500 et Rs 3 000 selon la superficie occupée à l’État. Nous ne gagnons pratiquement rien de nos exploitations. Comment veut-on que nous payions notre loyer ? » s’interroge-t-il. Ce qui choque ces “Very Very Small Planters”, c’est qu’on leur demande de payer leur loyer en avance et que, s’ils sont en retard, une pénalité de 8% leur est imposée. « C’est une politique injuste envers nous, qui sommes de très petits planteurs, qui plus est pas plus de 300 ou 400 », lâche-t-il avant d’appeler le gouvernement à exempter du paiement du loyer ceux qui occupent moins d’un arpent de terre et de le réduire à quelques centaines de roupies dans les autres cas. Il dit avoir sollicité l’aide de l’ancien gouvernement dans le passé, mais sans succès.
Selon lui, il est très difficile de continuer à cultiver la canne à sucre, « surtout quand on est de très petits planteurs », dans cet environnement économique compétitif. Ces terres marginales leur ont été données à bail il y a très longtemps, dans certains cas, dans les années 50’. « Nos ancêtres ont transformé ces terres en les rendant fertiles. Ils y ont cultivé la canne à sucre pendant des décennies », indique-t-il. « Au fil des ans, la superficie qui leur avait été allouée a été réduite lorsque les gouvernements successifs n’ont pas renouvelé une partie de leurs baux parce qu’ils avaient besoin de ces terres pour d’autres développements infrastructurels. »