L’industrie sucrière mauricienne confirme son intérêt en Afrique. Le dernier développement en date porte sur la signature d’un protocole par le groupe Altéo avec le Nsoko Msele pour la gestion d’une sucrerie dans cette région du Botswana. Les investissements prévus sont estimés à environ 350 millions de dollars. Avec la signature de cet accord, Altéo disposera d’un moratoire de six mois pour compléter des études financières et techniques en vue de déterminer la viabilité de ce nouveau projet sucrier en Afrique.
En parallèle, un consortium anglo-mauricien, comprenant le groupe Terra, Omnicane et Real Good Food, lorgne un autre projet de production sucrière au Mozambique avec un potentiel de production de quelque 100 000 tonnes de sucre annuellement. Sur le plan local, le délai imposé par la loi pour déposer des demandes de centralisation sucrière expire en début de semaine prochaine alors que la dernière unité centralisable dans le cadre de la réforme sucrière n’est autre l’ex-Deep-River/Beau-Champ du groupe Altéo.
« Avec le protocole signé il y a une semaine au Swaziland, le groupe Altéo s’est donné une période moratoire de six mois pour compléter les études financières et techniques visant à permettre de déterminer la viabilité du Nsoko Msele Integrated Sugar Milling Project. C’est un accord d’exclusivité, qui va nous permettre de travailler dans la sérénité », a confirmé au Mauricien Patrick d’Arifat du groupe Altéo. Cinq compagnies internationales, spécialisées dans la production sucrière, dont une des États-Unis, étaient dans la course pour décrocher ce projet nécessitant des investissements variant entre 300 et 350 millions de dollars.
Au cours de ces prochains six mois, le groupe Altéo devra définir les différentes étapes et la taille de ce projet de quatrième unité sucrière au Swaziland. L’unité sucrière de Nsoko Msele devra être construite sur une superficie de 167 hectares et devra être opérationnelle à partir de la récolte de 2017.
L’expertise des Mauriciens dans l’industrie sucrière, en particulier le « good-track record », a fait la différence dans le choix. « Bringing Altéo on board provides the additional expertise and resources required to ensure the successful implementation of Swaziland’s fourth sugar mill. It will be a boost not only for the economy of the Nsoko community, but also for the kingdom as a whole », a fait comprendre Mavela Sigwane de SIMAV SHEQ Consultancy, assurant la coordination pour ce nouveau souffle dans l’industrie sucrière du Swaziland. Ce ne sera pas la première présence d’Altéo en Afrique parce que ce groupe opère déjà dans l’industrie sucrière en Tanzanie.
D’autre part, d’autres groups sucriers mauriciens déjà présents sur le continent africain poursuivent leur prospection du continent. Un conglomérat, composé du groupe Terra dans le Nord, d’Omnicane dans le Sud et des intérêts britanniques de Real Good Food, est en ligne pour la gestion d’une nouvelle unité sucrière au Mozambique. Des études et des contacts ont atteint un stade avancé avec les autorités concernées au Mozambique pour cette sucrerie dans la région de Zambezi. La capacité de production est estimée à quelque 100 000 tonnes annuellement.
Le groupe Omnicane est également engagé dans un On-Going Project d’une unité sucrière de l’ordre de 100 000 tonnes au Kenya. La mise en opération de ces différentes unités devra concrétiser le processus de délocalisation de l’industrie sucrière mauricienne avec le démantèlement par l’Union européenne des garanties sous le Protocole sucre il y aura bientôt dix ans.
Par ailleurs, une nouvelle échéance se précise pour l’industrie sucrière. En effet, la date butoir pour la soumission officielle de demande de fermeture de sucrerie dans le cadre de la centralisation est mardi prochain. La dernière unité centralisable avec la mise à exécution de la réforme sucrière n’est autre que l’ex-Deep-River/Beau-Champ du groupe Altéo.
A ce stade, aucune des sources officielles n’a voulu s’aventurer pour confirmer si les procédures de centralisation de Deep-River/Beau-Champ sur FUEL ont été enclenchées. « Toute décision sera entérinée selon les procédures établies et dans le calendrier prévu », fait-on comprendre du côté du groupe Altéo en cette fin de semaine.