Le Joint Negociating Panel (JNP) de l’industrie sucrière se dit, par les voix de Serge Jauffret et de Devanand Ramjuttun, « fortement opposé à la semaine de 24 heures sur 7 jours de travail dans l’industrie sucrière ». « Que les dimanches et les jours fériés ne deviennent pas des jours obligatoires de travail car ce sont des jours de repos pour les travailleurs », ont-ils déclaré lors d’une conférence de presse hier.
Serge Jauffret a affirmé que si le gouvernement insiste que ce soit ainsi, comme préconisé par le rapport Landell Mills, « travayer pou desann lor lari, pena lot simin ». Estimant que la lutte des travailleurs de l’industrie sucrière ayant été très mouvementée depuis des années, « ils ne vont pas céder à la pression car ils ne veulent pas qu’on touche à leurs droits acquis ». Il a dénoncé le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, qui se vante que les usines sucrières vont rouler sur une base de 24/7. « Or, notre analyse montre, et prouve même, que les usines ne doivent pas rouler sur cette base, ni les jours fériés », a-t-il dit, avant de recommander au gouvernement de prendre deux décisions majeures : le partage équitable de cannes entre les quatre usines sucrières du pays, et réduire au minimum les wasted crushing opportunities que sont les heures de roulaison perdues.
Citant une analyse du JNP, M. Jauffret a indiqué qu’en 2014, il y a eu 2 539 heures de roulaison perdues, soit environ 15 % des heures totales de roulaison et que cette année ce chiffre devrait dépasser les 3 000 heures. « Environ 860 000 tonnes de cannes pouvaient être broyées durant cette période », a-t-il estimé.
Pour sa part, Devanand Ramjuttun a demandé au ministre Seeruttun, avec qui le JNP réclame une rencontre, de ne pas mettre en cause les droits acquis des travailleurs. « Nous voulons discuter avec le ministre pour trouver une solution à ce problème car nous ne sommes pas contre le développement de ce secteur. Mais, encore faut-il que nous obtenions la meilleure formule qui soulagera les travailleurs, et aussi bien le secteur », a-t-il fait ressortir.
Dans son analyse, le JNP dit avoir démontré que les opérations de récolte et de broyage et de cannes montrent beaucoup d’opportunités perdues. Ce rapport recommande une allocation équitable de cannes entre les différentes usines, comme recommandé par le rapport Landell Mills ; une réduction des opportunités perdues au niveau des usines ; la réorganisation du système de transport des cannes des champs aux usines, et permettre aux travailleurs de récolter le maximum de cannes.