Le Joint Negociating Panel (JNP), regroupant l’Union of the Sugar Industry, La Sugar Industry Labourers Union, l’Artisans and General Workers Union et l’Organisation pour l’Unité des Artisans, a, par le biais d’une lettre adressée au ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, fait part de sa surprise quant à ses déclarations autour du Landell Mills Consultancy Interim Report and Recommendations au Parlement le 22 avril dernier. Il affirme qu’aucune consultation n’a eu lieu avec le JNP, contrairement à la Mauritius Sugar Producer’s Association (MSPA), et demande le gel des recommandations du LMC report, qui vont selon lui, « à l’encontre de l’intérêt des travailleurs et des petits planteurs ».
Le JNP rappelle que le rapport lui a été soumis uniquement après que le consultant ait eu plusieurs réunions avec un autre stakeholder de l’industrie sucrière, à savoir la MSPA. Il se dit donc « stupéfait » quant aux déclarations du ministre au Parlement, où il a déclaré « (having) met the members of the MSPA and only last week, I have met again the Director of the MSPA », alors qu’aucune consultation n’a eu lieu avec le JNP.
Les signataires de la lettre – dont Ashok Subron, Serge Jauffret, Devanand Ramjuttun, Lall Dewnath et Denis Mootoo – se disent « d’autant plus révoltés » d’entendre le ministre dire que « measures that have been proposed in that report by Landell Mills Consulting, go in line with the philosophy of the Governement ». Ils affirment ne pas comprendre comment des mesures proposées par un « biased consultant », qui a été « embauché pour défendre l’intérêt de la MSPA, contre les travailleurs », et embauché par le précédent régime Ramgoolam, « go in line with the philosophy of the (new) government ».
Les signataires avancent plusieurs points pour défendre leurs points de vue. Ils précisent d’abord que le Landell Mills Consultant « n’est pas indépendant » et rappelle que ce dernier avait contesté l’implémentation des “40 hours week” dans l’industrie sucrière. Ils font ressortir que le partenaire mauricien du Landell Mills, BDO a déposé, le 28 avril dernier, contre les laboureurs et artisans au tribunal d’arbitrage quant à la grève de la faim en novembre 2014. Ils évoquent ensuite que les recommandations sont « partiales » dans la mesure où le rapport intérimaire survient dans une conjoncture particulière « avec la sugar revenue reduction » et « le restructuring of sugar export in 2017 » en Europe, pour « favoriser les intérêts des oligarchies au détriment des employés et des petits planteurs ».
Autre point souligné : le rapport n’aurait pas pris en considération l’émergence du “new revenue generation architecture of sugarcane companies”, qui « font partie du “reform process” depuis la promulgation de la Sugar Industry Efficiency Act ». Ils avancent aussi que le LMC « dresse un portrait erroné » de la “labour force” « dans la mesure où le rapport répercute les mantras de la MSPA, et ce dans le but de transférer le “burden of the sugar price reduction and the eventual charges in sugar export to Europe on to shoulder of the work force of the sugar industry”. » Enfin, dernier point soulevé : le JNP rejette avec véhémence les « mesures » recommandées aux pages 69 et 70. Car, selon lui, cette liste de mesures « est exactement celle que la MSPA “tried to unsuccessfully sneak in durind the last negociations” » entre le JNP et la MSPA pendant la grève de la faim.
Dans ce contexte, les signataires demandent au ministre Seeruttun de venir de l’avant avec des réunions officielles avec le JNP et de geler l’implémentation des mesures qui, selon eux, « vont à l’encontre de l’intérêt des travailleurs et des petits planteurs ». Au cas contraire, disent-ils, « le JNP se réserve le droit de se tourner vers la justice aussi bien que d’entreprendre une action en masse » pour la récolte de 2015.