La Brainstorming Session sur le sucre avec l’échéance 2017 en point de mire sous la présidence du ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell a été consacrée aux aspects de la commercialisation de cette denrée et la nécessité d’enclencher les procédures susceptibles de déboucher sur un Sugar Cane Reform Plan. L’une des principales conclusions de ces échanges porte sur l’extrême volatilité du cours du sucre à l’exportation et la compétitivité de l’industrie locale. Les consultations d’hier seront appelées à se structurer sous forme de clusters, avec l’intégration de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), pour établir la roadmap de l’industrie cannière mauricienne.
Dans l’immédiat, ce sont des questions autour du Long Term Partnership Agreement entre le Syndicat des Sucres et le géant du sucre européen Südzucker, dont le contrat initial arrivera à terme l’année prochaine, qui ont retenu l’attention. Les conditions dans lesquelles s’est déroulé l’exercice d’appel pour la reconduction de cet accord piloté par le Syndicat des Sucres ont été abordées avec le Director Designate, Devesh Dukhira, remplaçant le titulaire Jean-Noël Humbert, qui est rentré de mission officielle à l’étranger juste après la réunion, fournissant des éléments d’informations révélateurs.
« En réponse à des questions, le Syndicat des Sucres a confirmé que la Letter of Intent fournie à Südzucker pour l’extension de l’accord de commercialisation du sucre de 2015 à 2017 n’est nullement binding. De ce fait, nous pensons qu’un nouvel exercice d’appel d’offres peut être organisé dans l’intérêt de tout un chacun », a déclaré le ministre Boolell au Mauricien après la réunion d’hier après-midi.
D’autre part, en ce qui concerne les promesses formulées par Südzucker, qui pourraient ne pas se matérialiser dans la conjoncture, relevons l’éventualité d’un frontloading payment de Rs 800 millions au Syndicat des Sucres. La confirmation a été obtenue hier de même que des recettes de l’ordre de 150 euros, soit Rs 6 000 en moyenne, versées par tonne de sucre à Südzucker. Toute la question de la commercialisation du sucre sur le marché européen à travers les arrangements entre le Syndicat des Sucres et Südzucker devrait être passée à la loupe à l’hôtel du gouvernement dans les prochains mois en vue de sauvegarder les intérêts des stakeholders.
Commentant le déroulement de cette première prise de contact, Arvin Boolell affirme que « tous les partenaires de l’industrie sont conscients des véritables enjeux avec le marché du sucre devenu purement commercial. Mais ce qui est plus important reste ces liens organiques entre les planteurs et le corporate sector ». Il a annoncé qu’après avoir passé en revue la situation à Maurice et sur le front des exportations, la décision de mettre en oeuvre la préparation d’un Sugar Cane Reform Plan a été entérinée.
« Ce Sugar Cane Reform Plan tiendra en ligne de compte deux problèmes cruciaux, à savoir la volatilité des prix dans les années à venir et la compétitivité. Nous allons également procéder à un reassessment of the by-products, notamment la bagasse et la mélasse, pour accroître la valeur ajoutée dans l’industrie cannière. Nous ne comptons nullement oublier le volet social de l’équation de la réforme sucrière et avec si besoin une troisième édition du Voluntary Retirement Scheme (VRS III) », poursuit le ministre des Affaires étrangères, ajoutant que la Mauritius Cane Industry Authority assurera la coordination des prochaines consultations menant à la présentation du Sugar Cane Reform Plan.