Dans une lettre aux parlementaires des deux côtés de la Chambre, la Confédération des travailleurs du secteur privé leur demande de pousser le gouvernement à ordonner au National Remuneration Board de revoir le Sugar Industry Agricultural Workers Remuneration Order. Ce RO détermine le salaire et les conditions d’emploi des employés de l’industrie sucrière, surtout ceux des ti travayer qui sont des laissés pour compte depuis 1994, parce qu’ils ne tombent pas sous l’accord récemment signé entre la Mauritius Sugar Producers’ Association et le Joint Negotiating Panel.
« La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) vous exhorte à pousser le gouvernement à ordonner au National Remuneration Board (NRB) de réviser le Sugar Industry Agricultural Workers Remuneration Order », écrivent dans leur lettre aux parlementaires Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo, respectivement président et secrétaire de la confédération syndicale.
Selon les deux signataires de la lettre, le récent accord signé entre la MSPA et le JNP ne couvre que les employés des 15 compagnies sucrières membres de la MSPA. Ils affirment que les Mauriciens ont la mauvaise impression que cet accord couvre tous les ti travayer de l’industrie sucrière. « En vérité, depuis 1994, les ti travayer employés par les petits planteurs et par les compagnies employées par la Cane Growers Association ne tombent pas sous cet accord », écrivent-ils.
Ce malentendu, selon Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo, a été nourri par les diverses déclarations des membres des gouvernements qui se sont succédé qui ne manquent jamais une occasion pour dire qu’ils soutiennent les ti travayer lindistri sikrier, donnant ainsi cette mauvaise impression que le gouvernement le fait également et ce, sans distinction aucune.
Selon les deux signataires, le collective bargaining au niveau de l’industrie sucrière a débuté suite à une requête de Jack Bizlall, alors négociateur des syndicats de cette industrie. Après la signature d’un accord en 1994, une augmentation de salaire de 14 % avait été conclue pour les travailleurs des compagnies sucrières, membres de la MSPA. « Cet accord ne couvrait pas tous les travailleurs du secteur », précisent-ils.
Les syndicats ont réclamé une extension de cet accord pour couvrir les employés des petits planteurs et ceux des membres de la Cane Growers Association (CGA), poursuivent les signataires de la lettre. « Le Permanent Arbitration Tribunal (TAP) d’alors a statué en faveur des travailleurs syndiqués. Mais la CGA, pas satisfaite avec cet Award du TAP, a réclamé une “Judicial Review” », poursuivent les deux syndicalistes.
« Nous sommes en 2012, et les ti travayer de l’industrie sucrière n’ont toujours pas bénéficié des 14 % d’augmentation accordés par la MSPA en 1994, ni des augmentations successives reçues par les employés des membres de cette association sous les Awards du TAP successifs (voir encadré). Ce qui fait que les ti travayer employés par les non-membres de la MSPA ont un “arieraz” (cumulative backlog) de pas moins de 48 % sur leurs salaires de base et cela concerne des milliers de travailleurs », déplorent Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo.
Selon les deux syndicalistes, tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 1994 sont responsables de cette injustice faite à ces ti travayer de lindistri sikrier ». « La balle aujourd’hui n’est pas dans la main des “bourgeois de l’industrie sucrière”, mais dans celle des décideurs politiques que vous êtes. En tant que membres de l’Assemblée nationale et représentants du peuple et principalement des travailleurs, vous pouvez aider à rectifier le tir et rendre justice à ces milliers de ti travayer de lindistri sikrier », concluent-ils.