Au neuvième jour de la grève dans l’industrie sucrière, la décision de la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) au sujet du deal de 13 % était attendue à la mi-journée. Dépendant de la teneur de cette décision, qui a fait l’objet de longues délibérations et de consultations avec les conseils légaux, le ministère du Travail et des Relations industrielles convoquera un nouveau round de discussions avec les représentants du Joint Negotiating Panel syndical. En marge de tout éventuel accord entre la MSPA et le JNP, susceptible de mettre un terme au débrayage, le nom d’un ancien juge de la Cour suprême est cité comme étant l’arbitre qui se verra confier la mission de se pencher sur les points du litige dans l’industrie sucrière.
La soirée d’hier a été longue à Victoria House avec une séance de travail marathon entre les représentants du JNP et les officiers du ministère du Travail et des Relations industrielles. De 15 h à 23 h, ils ont passé en revue toutes les possibilités en vue de conclure un accord dans les meilleurs délais surtout compte tenu de cette menace de « deadline raisonnable » du gouvernement sous peine de voir une injonction logée en Cour suprême. D’abord, les syndicalistes devaient catégoriquement rejeter la proposition de la MSPA portant sur le paiement de la révision salariale sur trois ans sous la formule 7 % – 3 % – 3 %. Le JNP s’est prononcé en faveur d’un paiement de deux étapes soit 10 % pour 2014 et 3 % pour l’année prochaine.
Avec les consultations buttant sur le macadam des modalités de paiement, les syndicalistes devaient suggérer d’aborder les autres points que pourrait contenir cet éventuel accord. Tard dans la soirée, une ébauche de l’accord, excluant le système de paiement de l’augmentation, a été transmise aux représentants de la MSPA… Depuis ce matin, à la Victoria House, on est en attente de la position des membres de la MSPA car ces derniers ont indiqué qu’ils devaient consulter leur conseil légal avant de se prononcer sur le document. Une prochaine réunion devrait être convoquée incessamment au ministère du Travail à la lumière des délibérations du côté de la MSPA.
Peu avant la réception de cette ébauche de l’accord hier soir, le directeur de l’association patronale, Jean Li, a fait ressortir que « le JNP rajoute aussi de nouvelles conditions à chaque étape, rendant ainsi les négociations impossibles. Par exemple, nous avons toujours eu des accords couvrant une durée de quatre ans. Or, depuis hier, le JNP essaie de changer les règles après 18 mois de négociations, et réclame le paiement de l’augmentation salariale sur deux ans au lieu de quatre ans. C’est comme si on demandait au gouvernement d’accorder, dès janvier 2015, toutes les compensations salariales prévues pour les quatre prochaines années. De plus, il faut savoir que cette nouvelle demande de paiement sur deux ans aurait un impact financier additionnel de Rs 200 millions sur la durée de l’accord, et change ainsi tout le package. »
Le directeur de la MSPA devait ajouter que « le JNP dit avoir fait de gros efforts en acceptant de baisser la demande salariale de 40 % à 13 %. Toutefois, il est facile de faire de tels « efforts » quand on commence la négociation avec une demande qui est exagérée et déraisonnable. Il ne faut pas oublier qu’en plus de cette augmentation, il y aura aussi la compensation salariale du gouvernement. D’ailleurs le gouvernement a décidé, aujourd’hui même, d’accorder 4 % de compensation, payable par les employeurs à partir de janvier 2015. »
De son côté, Ashok Subron, négociateur du JNP, affirme qu’après la manifestation d’hier la grève sur les sites de travail a pris une autre ampleur depuis tôt ce matin. « Apre manifestasion monstr ki finn gagne yer, se enn lagrev monstr kin kontinie depi gramatin. Yer dan manifestasion finn ena partisipasion boukou travayer le por. Sa oule dire boukou lor linite travayer ek lor sa mouveman solidarite ki finn leve. Nou pe dir MSPA seki Navin Ramgoolam finn dir en 2010 : na pa vinn grat ledo maler ! » devait-il conclure en vue d’accentuer la pression sur les épaules des patrons de l’industrie sucrière.