La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a soumis, ce matin, ses propositions aux syndicats concernés par l’industrie sucrière quant aux négociations salariales et autres conditions de travail des travailleurs agricoles et non agricoles qui devront être appliquées à partir du 1er janvier 2014. Le directeur de la MSPA, Jean Li, en a parlé à la presse.
Jean Li a tout d’abord expliqué le contexte et les enjeux auxquels fait face l’industrie sucrière en mettant l’accent sur les défis que représentent la baisse drastique de la superficie cultivée et la production de canne à sucre depuis les dix dernières années. Durant cette période, la superficie cultivée est passée de 71 000 à 54 000 hectares et la production de sucre de 540 000 tonnes en 2003 à 410 000 tonnes en 2012. Il y a eu aussi sur le plan international la décision de l’Union européenne d’abolir le quota pour les betteraviers et l’accord de libre-échange avec certains pays d’Amérique du sud. « Il y aura ainsi davantage de pression sur le marché européen. Pour cela, nous devons être plus compétitifs afin de pouvoir maintenir nos marchés », déclare Jean Li.
À l’époque, dit-il, tous les membres de la MSPA étaient des usiniers planteurs. Aujourd’hui, le paysage a changé, il y a quatre compagnies usinières et neuf compagnies agricoles au sein de cette association. « Il y a des disparités énormes entre les différentes compagnies sucrières dont certaines cultivent plus de 12 000 hectares et d’autres quelques centaines. Certaines brassent Rs 5 milliards annuellement et d’autres quelques dizaines de millions de roupies », fait-il ressortir.
Parlant de l’accord collectif entre la MSPA et les syndicats en cours actuellement, Jean Li indique qu’il date de 2010. « Les travailleurs ont obtenu 20 % d’augmentation mais si l’on tient compte du fait que le gouvernement accorde une augmentation annuelle après les négociations tripartites, les travailleurs ont obtenu 36,4 % entre 2010 et 2013 », déclare-t-il, en ajoutant que l’inflation cumulée sur la même période a été de 16,7 %. Donc, pour lui, les travailleurs n’ont perdu que 0,3 % de leur pouvoir d’achat durant cette période. M. Li a également abordé la question de la structure salariale dans l’industrie sucrière, dont une partie seulement représente les salaires de base. Il cite en exemple le cas d’un coupeur de cannes dont le salaire de base est de Rs 10 042 par mois mais qui obtient Rs 23 000 via le package. « Les travailleurs de l’industrie sucrière obtiennent entre 6 et 8 % de plus que les travailleurs dans d’autres secteurs économiques », soutient le directeur de la MSPA.
Au chapitre des propositions, la MSPA a parle de productivité, de flexibilité et de l’introduction du concept 24/7, entre autres, dont elle est disposée à discuter avec les syndicats. Environ 5 000 travailleurs agricoles et non agricoles sont concernés par ces négociations, qui démarrent lundi prochain.