La cheminée de la sucrerie de Deep-River/Beau-Champ (DRBC), compagnie incorporée en 1912 et aujourd’hui faisant partie du groupe Altéo, s’éteindra pour toujours à la mi-novembre à la fin de la présente récolte. En effet, la fermeture de cette usine sucrière dans le cadre du programme de centralisation a été officiellement déposée en début de semaine auprès des autorités compétentes. D’ailleurs, cette étape clôturera la dernière vague de centralisation sucrière avec le démantèlement du Protocole Sucre et l’élimination des prix et quota d’exportation garantis. Les seules sucreries qui resteront en opération sont Omicane dans le Sud, Terra dans le Nord, Flacq United Estate Limited (FUEL) à l’Est et Médine à l’Ouest.
“Nous avons déposé la demande de fermeture de la sucrerie au terme des procédures établies et dans les délais officiels. En principe, la sucrerie de Deep-River/Beau-Champ devra cesser de rouler à la fin de la présente récolte sucrière prévue vers la mi-novembre. Nous avons déjà engagé des consultations avec les parties prenantes, dont la Mauritius Cane Industry Authority”, a déclaré à Week-End Patrick d’Arifat, Chief Executive, en guise de confirmation.
Cette centralisation devra affecter quelque 180 emplois. Ces employés, principalement des artisans et une vingtaine de cadres, devront bénéficier des facilités de départ à la retraite volontaire prévues dans le Blueprint on Centralisation adopté par le gouvernement. Des dispositions ont déjà été prises pour que cette transition soit engagée dans les meilleures conditions possibles.
La sucrerie de Deep-River/Beau-Champ produit en moyenne 85 000 tonnes de sucre annuellement, dont quelque 25 000 tonnes de sucres spéciaux. En consultations avec les autorités, la majeure partie de la canne récoltée sur ce factory area devra être dirigée vers la sucrerie de FUEL, qui s’occupera également de la production de la cargaison de sucres spéciaux.
Par contre, il est à prévoir que la centrale thermique de Deep-River/Beau-Champ, d’une capacité de 22 MW avec une production de 110 GWh, continuera d’être opérationnelle. L’Integrated Energy Plan du Central Electricity Board pour les dix prochaines années mise sur l’installed capacity de 22 MW de Deep-River/Beau-Champ pour satisfaire la demande en énergie électrique pour les années à venir.
Avec la nouvelle configuration sucrière, la centrale thermique de Deep-River/Beau-Champ pourra tourner à plein régime, soit toute la puissance des 22 MW avec du charbon pendant toute l’année. Jusqu’ici, en période de récolte sucrière, la capacité de la centrale est à 12 MW contre 22 MW en entrecoupe. Cette option devra permettre au CEB d’atténuer les generationscosts supplémentaires encourus avec les turbines à gaz en cas de pannes comme c’est le cas avec les moteurs Sulzer de la station de Fort George.
D’autre part, le groupe Altéo, dont fait partie la sucrerie de Deep-River/Beau-Champ, compte asseoir ses ambitions sucrières sur le plan régional. En début de ce mois, ce groupe mauricien a procédé à la signature d’un protocole d’accord d’exclusivité avec le Nsoko Msele du Swaziland pour la gestion d’une sucrerie. Les investissements prévus sont estimés à quelque $ 350 millions. Suite à la signature de cet accord, Altéo disposera d’un moratoire de six mois pour compléter des études financières et techniques en vue de déterminer la viabilité de ce nouveau projet sucrier en Afrique.
Cinq compagnies internationales spécialisées dans la production sucrière, dont un des États-Unis, étaient dans la course pour décrocher ce projet. Toutefois, le track record du groupe Altéo dans le domaine sucrier a fait toute la différence. Au cours de ces prochains six mois, soit jusqu’au début du deuxième trimestre de l’année prochaine, le groupe Altéo devra définir les différentes étapes et la taille de ce projet sucrier au Swaziland en vue de déterminer le montant des investissements. L’unité sucrière de Nsoko Msele devra être construite sur une superficie de 167 hectares. Cette nouvelle unité sucrière, soit la quatrième du Swaziland, sera opérationnelle à partir de la récolte sucrière de 2017.