Après le secteur portuaire et celui du transport en commun, les acteurs de l’industrie sucrière ont engagé ce matin le premier round de négociations salariales au cours d’une session de travail à la Plantation House, Port-Louis. L’une des principales retombées est que la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) fera connaître ses propositions quant aux nouvelles conditions d’emploi le 25 juillet.
Cette annonce du patronat dès le coup d’envoi des consultations devait jeter un froid, étant donné que les syndicalistes du Joint Negotiating Panel (JNP) et ceux de la Plantation Workers Union s’attendaient à ce que les membres de la MSPA ouvrent le bal avec des discussions basées sur le Memorandum préalablement soumis par les représentants des travailleurs. « Cette première réunion a été très décevante car nous avions en tête que les employeurs allaient lancer les négociations sur nos propositions. Mais au lieu de cela, ils ont adopté une delaying tactic en vue de retarder les négociations et même de les prolonger jusqu’à décembre. Au vu de cette première rencontre, nous demandons aux travailleurs de l’industrie sucrière de rester mobilisés en vue de suivre de près l’évolution de la situation », a déclaré Serge Jauffret du JNP. Ce dernier ajoute que la prochaine réunion pourrait avoir lieu le 29 juillet, soit quatre jours après la soumission des propositions du patronat.
Les revendications syndicales, déjà soumises, portent principalement sur une augmentation salariale de 40 %, l’introduction d’un salaire minimum de Rs 13 300 par mois et « un meilleur partage de la richesse suite à la réforme sucrière ». Une autre proposition concerne la mise en oeuvre d’un Human Dignity Fund comme suit : « Levy of 2 % on profit after tax deduction, credited to a newly human dignity fund in memory and respect of the labour force who endured over-exploitation under slavery, indentured labour and colonial systems of accumulation. » Les syndicalistes veulent également un nouveau système de grading et une amélioration d’autres conditions de service.
Le JNP avance également que cette reprise des négociations mettra à l’épreuve la garantie du ministre Shakeel Mohamed que ces amendements aux deux lois cadres du travail ne gêneront pas les négociations. « Les étapes à venir mettront en évidence les amendements de Shakeel Mohamed et démontreront les intérêts pour lesquels ces révisions ont été apportées. Nous lançons un appel aux parlementaires pour porter un regard sur ces négociations et constater par eux-mêmes les effets de ces nouvelles lois du travail. Mais nous sommes prêts à toute éventualité et les travailleurs suivent avec attention ces négociations. Notre souhait reste qu’un accord soit trouvé le plus rapidement possible dans l’intérêt des travailleurs », a fait ressortir  Ashok Subron avant la réunion de ce matin.