La crise qui mine l’industrie sucrière depuis au moins l’année dernière a pris une autre ampleur avec la motion d’une grève générale votée à l’unanimité par les artisans/laboureurs hier matin au cours d’une assemblée spéciale à Port-Louis. Malgré la sévère mise en garde de la Mauritius Sugar Producers Association à l’effet que toute action industrielle serait illégale, les syndicalistes du Joint Negotiating Panel ont déjà enclenché les manoeuvres pour les procédures de la grève en établissant les dates de vote sur les propriétés sucrières.
Dans un premier temps hier matin au Rabita Hall à Port-Louis, les travailleurs de l’industrie sucrière et leurs représentants syndicaux ont décortiqué le rapport du Prof Ved Prakash Torul de la Commission de conciliation et médiation (CCM) concluant que « the commission advices parties to go to another forum to decide whether the JNP should negociate at industry level with the MSPA or at enterprise level with the sugar companies ». Deux possibilités s’offraient donc aux artisans et laboureurs : référer le litige entre le JNP et la MSPA à l’Employment Relations Tribunal ou soutenir la motion d’une grève illimitée dans l’industrie sucrière qui paralysera vraisemblablement ce secteur.
Compte tenu du véritable rapport de force entre le JNP et la MSPA, cette deuxième option a été votée à main levée, quasiment à l’unanimité. Le calendrier pour les votes par bulletins secrets sur les établissements sucriers en vue de valider cette action industrielle a déjà été arrêté et le coup d’envoi sera donné le lundi 6 août dans le Nord (voir plus loin). Une correspondance sera par ailleurs adressée à la CCM pour superviser cette étape. « Le processus de vote débutera symboliquement à Belle-Vue car Anjalay y a perdu la vie en 1943. Et le droit à la négociation nationale découle de sa mort », devait faire comprendre Ashok Subron au sujet du choix de Belle-Vue. Avec les dates déjà établies et les premiers préparatifs entamés, l’éventuelle grève générale au sein du secteur sucre devrait débuter vers la fin du mois d’août ou durant les premiers jours de septembre.
Dans les milieux syndicaux, l’on s’attend à un vote d’au moins 90 % des artisans et laboureurs en faveur de cette action industrielle. Dans la foulée, les travailleurs voteront aussi pour dire un « non définitif » aux négociations sectorielles. L’autre retombée de la rencontre d’hier est la résolution adoptée pour transmettre une lettre au premier ministre Navin Ramgoolam et au leader de l’opposition Paul Bérenger en vue d’un compte rendu de cette crise et d’une éventuelle intervention.