Les prochaines heures devraient être déterminantes dans la tentative de sortie de crise dans l’industrie cannière, avec une menace de grève illimitée des artisans à compter du 12 novembre. Du côté du ministère du Travail et des Relations industrielles ou du Joint Negotiating Panel (JNP) syndical, l’on souligne que la balle est désormais dans le camp de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). À ce matin, le principe d’une médiation aux termes des dispositions de l’Employment Relations Act est agréé par les deux parties en présence, sauf que les conditions imposées par la MSPA pour cette prochaine étape susceptible de mener à un éventuel accord sont contestées par les syndicats des artisans des compagnies sucrières. Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, s’attend à voir la MSPA revoir sa position pour engager le nouveau « round » de négociations.
« Je suis disposé et prêt à recevoir les deux parties pour initier le processus de médiation en vue d’arriver à un accord », déclare Shakeel Mohamed au Mauricien. Le ministre et ses techniciens se tiennent prêts à brûler « the midnight oil » une fois les derniers obstacles préliminaires éliminés. Il a confirmé que les deux parties en présence, soit la MSPA et le JNP, ne sont nullement hostiles à l’idée de la médiation prévue dans la loi.
« Dans sa communication, la MSPA fait état de deux conditions, entre autres que les syndicats annulent le mot d’ordre de grève. Personnellement, je ne partage pas cette requête. Le processus menant à cette éventuelle grève a été enclenché de façon légale. De ce fait, nous avons l’obligation de négocier dans les paramètres existants et l’une des deux parties ne peut venir de l’avant pour réclamer que les règles du jeu soient modifiées. Cette question de grève est un droit fondamental qui ne peut être ignoré », a soutenu le ministre du Travail.
À cet effet, le ministère a officiellement écrit pour demander une révision des conditions ouvrant la voie à une médiation dans les meilleurs délais. Le ministre du Travail se dit confiant qu’en fin de journée le bon sens devra primer. « En 2011, la MSPA avait formulé la même demande, mais en tant que ministre j’avais pu intervenir pour faciliter les négociations et parvenir à la signature d’un accord collectif. Je suis sûr que nous pouvons rééditer cette même performance cette année et trouver la solution sur le litige dans l’industrie sucrière », ajoute-t-il.
Aussitôt que la MSPA fera parvenir son accord au sujet de l’abandon de ses conditions, dont celle sur la grève, le ministère du Travail devra se mettre en contact avec les dirigeants du JNP syndical en vue de décider de la marche à suivre et du calendrier de travail. « Mo deza a zot dispozisyon. It can be any time that I can start the ball rolling. En collaboration avec mes officiers, j’ai déjà pu établir l’écart dans les propositions des deux parties. Je dois dire qu’il est énorme et que nous allons tout faire pour le réduire lors de l’étape de médiation », affirme Shakeel Mohamed.
Dans le camp du JNP, on est catégorique : « Nou dakor pou la mediasyon. Me san okenn kondisyon apar sa ki ekziste dan lalwa. Nous sommes prêts pour cette étape de médiation et si nous pouvons arriver à un accord avant le 12, tant mieux ». C’est ce que déclare le négociateur Ashok Subron, qui rappelle que le vote pour la grève illimitée à partir du 12 a été pris sur des points de litige du JNP et non de la MSPA. « De ce fait, la MSPA ne peut venir imposer ses conditions. Le patronat sucrier a voulu s’attaquer aux droits acquis des artisans avec le travail du dimanche, les jours de congé en début d’année et les heures supplémentaires sous la semaine de 40 heures. Tout cela ne fait pas partie du litige », s’insurge le représentant du JNP.
« Nous sommes prêts pour la médiation et nous attendons la réponse de la MSPA. Nous avons appris que des pressions sont exercées par des groupes sucriers sur les travailleurs saisonniers et notre souhait est que ces groupes se ravisent. Nous lançons un nouvel appel à Navin Ramgoolam et à Paul Bérenger pour qu’un terme soit mis à la campagne déguisée d’intimidation contre les laboureurs et artisans de l’industrie sucrière », conclut Ashok Subron.