La compagnie sucrière Omnicane vient d’importer 42 000 tonnes de sucre roux du Brésil, pour le raffiner à La Baraque et le réexporter en petits logements vers de nouveaux marchés en Afrique et en Asie. « Cette démarche a été rendue nécessaire en raison d’un manque de cannes cette année à Maurice et de sucre pour notre raffinerie qui emploie environ 150 personnes. Au cas contraire, celle-ci va devoir rester sans activité pendant trois mois, de mars à la prochaine récolte de cannes », fait ressortir Peter Hough, Sugar Development Executive chez Omnicane.
Expliquant cette démarche, Peter Hough rappelle les défis auxquels fait face l’industrie sucrière mauricienne avec les changements qui s’opèrent sur le marché sucrier mondial, mais aussi en Europe, particulièrement à partir de 2017. « Nous devons y faire face, surtout que nous n’avons plus de sucre local pour notre raffinerie à partir de mars jusqu’à la prochaine récolte », dit-il. Ce qui, ajoute-t-il, « est très sérieux pour nous car cela signifie que la raffinerie à La Baraque ne sera pas utilisée pendant trois mois ».
Poursuivant ses explications, Peter Hough rappelle que l’Europe compte arrêter ses quotas de production à partir de septembre 2017. De ce fait, le continent devrait produire environ 20 millions de tonnes pour ne consommer que 15 millions de tonnes, ce qui signifie que l’Europe importera moins de sucre. « Cela représente une grande menace pour notre industrie ».
S’agissant de la cargaison de 42, 000 tonnes de sucre importé par Omnicane, le bateau est arrivé à Maurice, il y a une semaine, du Brésil. « Nous devons le débarquer et le transporter jusqu’à La Baraque et de ce fait, nous allons pouvoir protéger l’emploi de 150 personnes. Nous devons nous assurer que notre business soit profitable et qu’il n’est pas menacé. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère, nous devions agir ».
Peter Hough ajoute que cette démarche n’est pas sans risques, le coût du sucre étant très élevé, soit Rs 500 M, ajouté à un coût additionnel de Rs 100 M. « Nous devons maintenant raffiner ce sucre, le stocker, le manipuler et le réexporter et ensuite le vendre sur de nouveaux marchés que nous explorons actuellement en Afrique et en Asie ». Le marché mondial du sucre, ajoute-t-il, est en pleine croissance, particulièrement grâce à la croissance en Afrique et en Asie. « Nous voulons explorer ces marchés afin de préparer l’île Maurice pour faire face à la fin des quotas en Europe en septembre 2017 », dit-il. Ce faisant, « we are expanding as a regional sugar hub », ajoute-t-il, avant d’indiquer que cette cargaison de sucre venant du Brésil amènera environ 4 millions de dollars en devises dans le pays.
Peter Hough rappelle aussi que Omnicane a investi Rs 10 milliards dans son sugar cluster, et que « de ce fait ne produire que du sucre roux will be a mess ». « Nous devons être à l’avant-plan du jeu et non pas rester en arrière. This is a landmark deal for Mauritius », soutient-il.