La révocation de la grève dans l’industrie sucrière est effective depuis ce matin à 4h30 suite à un accord arraché après neuf jours de débrayage et une séance de travail marathon sous la présidence du ministre du Travail et des Relations industrielles Shakeel Mohamed, dans la nuit d’hier à ce matin. Le deal intérimaire pour une révision salariale de 13% échelonnée sur trois ans, soit 7% – 3% – 3%, et la nomination d’un arbitre indépendant, émanant du ministre de tutelle, constituent la base de l’accord pour une sortie de crise avec les deux parties en litige, à savoir la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) et le Joint Negotiating Panel syndical, qui sont arrivés à un consensus après l’une des plus longues nuits de négociations. En ce qui concerne la prochaine étape, le nom de l’ancien juge Bushan Domah a été proposé officiellement par le JNP et toute annonce officielle devra attendre la décision du principal concerné.
La fin de la grève étant officiellement confirmée, la reprise du travail aux champs et à l’usine devra reprendre graduellement. Cette éventualité a été évoquée par les syndicalistes de l’industrie sucrière avec les parties concernées sur les différentes propriétés sucrières à travers l’île ce matin. Avec la formule du ministre Mohamed pour mettre un terme à la crise, les représentants des syndicats de l’industrie sucrière ne cachent pas leur satisfaction devant les termes de l’accord, signé formellement par les deux parties. « L’aspect le plus fondamental de cet accord est cette défaite cuisante du patronat de l’industrie sucrière sur le volet des droits acquis. L’arbitre indépendant, qui attend d’être nommé pour se pencher sur la seconde partie de la révision salariale après les 13% intérimaires, ne se concentrera que sur des “issues” présentés par le JNP dans le cadre de ce litige industriel. Il n’est pas question que des “issues” remettant en cause les droits acquis des laboureurs et des artisans de l’industrie sucrière, comme la semaine de 40 heures ou encore les droits de congé de fin d’année, ne fassent partie des attributions de l’arbitre indépendant », souligne Ashok Subron, le négociateur du JPN.
« Ce n’est nullement une mince affaire car nous savons pertinemment bien qu’au cours de ces derniers 18 mois, la MSPA, au terme de toutes sortes d’acrobatie, a multiplié les tentatives pour arriver à une remise en question des droits acquis des laboureurs et des artisans de l’industrie sucrière », a poursuivi Ashok Subron. « Toutefois, les grévistes acceptent de perdre des jours de salaires pendant la période de la grève au lieu de céder à un nouveau chantage abominable du patronat de l’industrie sucrière. Les travailleurs de l’industrie ont accepté ce sacrifice avec dignité. Je dois m’empresser d’ajouter que suite à des avis légaux, le boni de fin d’année ou encore le paiement d’autres bonis ne seront pas affectés par la participation à une grève légale »,  ajoute le négociateur du JNP.
La nuit d’hier à ce matin à la Victoria House, siège du ministère du Travail et des Relations industrielles, aura été l’une des plus longues pour des négociations en vue de conclure un “Collective Agreement” en faveur des travailleurs. Le suspense a duré jusqu’à 4h30 ce matin, avec des risques d’une nouvelle rupture des négociations.
Des recoupements d’informations indiquent que la MSPA aurait proposé de rétribuer les jours de grève observés, mais à condition de remettre en question les droits de ne pas travailler le dimanche et les jours de congé en début d’année. Les syndicalistes devaient protester énergiquement contre cette proposition de la MSPA, présentée comme étant « des plus indécentes et ignobles ». La tension devait monter d’un cran avant que les négociations se poursuivent sur une base plus sereine entre l’état-major du JNP et les dirigeants de la MSPA.
Les tentatives du ministre Mohamed, ainsi que ses plus proches collaborateurs, dont le Permanent Secretary Prakash Nowbuth, son Advisor Dev Lutchman et son directeur Edley Armoogum, devaient finalement porter leurs fruits sur le coup des 4 heures ce matin. L’augmentation intérimaire de 13% sur une base de trois ans, et suivant la formule de 7% – 3% – 3%, devait être validée entre les parties en présence. L’accord fait également provision pour que les travailleurs ayant participé à la grève ne soient victimes d’aucun acte de représailles de la part des compagnies sucrières. De son côté, l’État devait prendre l’engagement d’envoyer le Remuneration Order des travailleurs des raffineries, centrales thermiques et de la production de l’éthanol, au National Remuneration Board. Celui-ci devra se pencher sur des questions comme l’âge de la retraite et la Night Shift Allowance, entre autres.