Le compte à rebours dans le litige opposant les syndicats réunis au sein du Joint Negotating Panel (JNP) de l’industrie sucrière et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) prend fin dans une ambiance de relations industrielles tendues. En effet, mercredi prochain devra conclure l’étape de médiation initiée par la Commission de conciliation et de médiation (CCM). Le fait cruel reste que jusqu’ici, l’une des parties, notamment la MSPA, a refusé catégoriquement de prendre part aux travaux de cette instance officielle.
Techniquement, et selon les dispositions de la loi, après l’échéance de mercredi prochain, la CCM doit publier un rapport dans un délai de sept jours. L’étape suivante pourrait être soit de saisir l’Employment Relations Tribunal de ce litige industriel, soit le recours des syndicats du JNP à une action syndicale d’envergure.
Le président de la CCM a réuni mercredi dernier les représentants de la Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI), la Sugar Industry Labourers Union (SILU), l’Artisans and General Workers Union (UASI) et l’Organisation of Artisans Unity (OAU) en vue de décider de la marche à suivre devant le boycott de la MSPA. Les syndicalistes ont également pris connaissance du ruling du Solicitor General, qui ne s’est pas prononcé sur la décision du patronat. Devant cet état des choses, le JNP a pris la décision de demander à la CCM de poursuivre la mission déjà initiée.
Les dirigeants du JNP, en l’occurrence Ashok Subron, Serge Jauffret et Devanand Ramjuttun, condamnent l’attitude de la MSPA. « Le boycott des travaux de la CCM par la MSPA est illégal vu que la résiliation du Procedural Agreement constitue également une démarche illégale et non conforme aux dispositions de la loi. Nous maintenons que l’accord, qui date de 1983, est toujours legally binding. Malgré tout, le patronat persiste dans son entêtement avec des risques d’actions industrielles pesant sur la présente récolte sucrière », font-ils comprendre.
« Nous regrettons de le dire mais l’objectif de la MSPA représente un retour en arrière avec des conditions de travail de l’ère coloniale. Si la médiation de la CCM n’est pas menée à terme, les salariés de l’industrie sucrière vont être appelés à se prononcer sur l’option d’une grève illimitée dans le respect de l’Employment Relations Act », poursuivent les syndicalistes.
Le JNP lance un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au leader de l’opposition, Paul Bérenger, pour qu’ils assument leurs responsabilités dans la conjoncture. « Dans l’industrie sucrière, le droit de négocier sur le plan national découle de deux étapes majeures dans la lutte des travailleurs à Maurice. En 1943, où Anjalay était tombée sous les balles du patronat, avaient débuté des négociations nationales dans l’industrie sucrière. Puis, avec les grèves d’août 1979 et la grève de la faim de 1980, le droit de tous les syndicats de négocier sur le plan national a été reconnu. Aujourd’hui, Ramgoolam et Bérenger ne peuvent rester les bras croisés quand ces mêmes droits sont bafoués », concluent-ils.