Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, tente cet après-midi une nouvelle médiation en vue d’un règlement de la crise au sein de l’industrie sucrière avec le mot d’ordre de grève du Joint Negotiating Panel syndical toujours en vigueur. Les deux parties, soit la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et le JNP, ont été convoqués au siège du ministère du Travail à 14 h 30 pour élaborer un accord. Entre-temps, les syndicats de l’industrie sucrière, bénéficiant du soutien de la General Workers Federation et de Rezistans ek Alternativ, poursuivent les préparatifs menant à la grève, qui pourrait être déclenchée au début de septembre en cas d’échec des négociations.
La teneur des propositions du ministre du Travail n’avait pas été divulguée en début d’après-midi mais l’objectif de Shakeel Mohamed est d’arriver à un accord entre patronat et syndicat de l’industrie sucrière pour écarter cette menace de grève illimitée dans ce secteur. Dans un communiqué rendu public tard hier soir, la MSPA a réitéré ses contre-propositions tout en confirmant officiellement sa dissolution après les prochaines négociations nationales de janvier 2013.
La MSPA souligne que les compagnies sucrières ont donné leur accord pour des négociations avec le JNP pour la dernière fois en janvier 2013. « Tout accord qui en résultera sera appliqué dans sa totalité par chacune des compagnies sucrières, suivant la dissolution de la MSPA, comme syndicat d’employeurs après lesdites négociations », note le communiqué, qui ajoute que « les 21 points référés par le ministre au NRB ainsi que les deux points dont le JNP demande l’introduction actuellement seront repris dans les négociations de janvier 2013 ».
Du côté du JNP, le changement d’heure de la réunion de cet après-midi de 13 h à 14 h 30 est considéré comme une tactique visant à gêner le mouvement syndical, qui avait déjà prévu une réunion cruciale cet après-midi pour passer en revue la situation et décider du calendrier pour la tenue de la grève. Néanmoins, les représentants du JNP ont signifié leur intention de répondre présent à l’appel du ministre du Travail.
« En principe, le JNP en accord avec la GWF et Rezistans ek Alternativ, prévoit un rassemblement de tous les travailleurs à Port-Louis dans la matinée du 2 septembre. Ce sera le Maiden des travailleurs pour venir s’opposer à l’attitude intransigeante, relevant du “dominère”, des patrons de l’industrie sucrière. Nous allons nous recueillir au pied du monument d’Anjalay. En cas d’échec des négociations, la grève sera déclenchée après le rassemblement du 2 septembre », a confirmé au Mauricien Ashok Subron à la mi-journée.
« Le rassemblement du 2 septembre sera également une occasion pour venir dire non à la dictature des riches, de ceux qui placent les dividendes avant toute chose. Nous allons également dire nos quatre vérités aux responsables des institutions républicaines, censées rétablir l’équilibre entre les puissants et les vulnérables. Nous maintenons que l’Employment Relations Tribunal s’est disqualifié avec cette injonction ex Parte en faveur du patronat sans avoir pris connaissance de la position des syndicats. Cette démarche relève d’un vice de procédure et d’une violation des droits démocratiques », ajoute Ashok Subron.
Par ailleurs, la séance à l’Employment Relations Tribunal (ERT) s’est déroulée ce matin avec, comme prévu depuis la semaine dernière, l’absence des animateurs du Joint Negotiating Panel. Le conseil légal des syndicalistes, Me Rex Stephen, devait dès début de l’audience informer le président de l’ERT, Me Rashid Hossen, qu’il se retirait de la présente affaire opposant le JNP et les quinze compagnies sucrières.
« J’ai communiqué au tribunal et aux autres parties les raisons pour lesquelles les syndicalistes ne se sentent pas obligés de se soumettre à la juridiction de l’ERT. Leur opinion est que par rapport à l’Ex-Parte qui a été donnée en leur absence, ils ne se considèrent pas sujets à la juridiction. Ce qui fait que je n’ai plus l’instruction de les représenter devant le tribunal », devait expliquer en substance Me Rex Stephen aux membres de la presse à sa sortie de l’ERT.
La séance s’est poursuivie avec des consultations entre les hommes de loi des quinze compagnies sucrières et le président de l’ERT en chambre. L’affaire a été renvoyée à vendredi vu que le tribunal souhaite accorder plus de temps au JNP et donner également l’occasion aux syndicalistes de se présenter pour débattre de la permanence ou non de l’Interim Order. Le tribunal a fait ressortir qu’« in the normal course of things » l’affaire aurait été entendue malgré l’absence de l’autre partie.