Le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, ainsi que deux autres hauts gradés de la force, en l’occurrence le Deputy Commissioner Tangavel Seerungun et l’ASP Pregassen Vuddamalay, ne font plus partie, dorénavant et malgré eux, de la Police Welfare Association (PWA), le fonds de bien-être des policiers. C’est en tout cas qu’à ce que soutient la direction de la PWA, laquelle a en effet décidé «d’expulser le trio» de ses rangs après l’aval obtenu d’une assemblée spéciale de ses membres tenue le mardi 3 février dernier à Port-Louis.
La décision de cette assemblée spéciale — opposée par seulement quatre membres présents sur la cinquantaine réunie (sans compter des votes par procuration) — n’a fait que confimer une première mesure prise le 28 décembre dernier par le comité de direction de la PWA d’exclure le commissaire et les deux hauts gradés comme membres. Ceux qui se sont déplacés à l’assemblée ont retenu des charges de «gross misconduct» que la direction de la PWA a portées contre les trois expulsés.
La direction de l’association fait remarquer que «MM. Rampersad, Seerungen et Vuddamalay ont eux-mêmes compliqué leur situation en refusant par deux fois de venir, en personne, se défendre et devant le comité de direction et devant l’assemblée spéciale».
La sévère sanction infligée est actuellement le talk aux Casernes centrales malgré tous les efforts que la direction de la PWA affirme «avoir faits afin de ne pas en donner grande publicité». La nouvelle a toutefois fini par se savoir hors de la force tant elle est insolite. Effectivement, l’expulsion d’un commissaire de police par une association qui, après tout, regroupe des membres qui, professionnellement, se trouvent sous ses commandes, est extrêmement rare au point de s’interroger si cela ne constituerait pas une grande première au sein du Commonwealth, sinon au niveau mondial !
L’assemblée spéciale a conclu que les trois expulsés en tant que compliant members ont en plusieurs occasions conduit des «unwarranted actions» contre les intérêts de l’association. Au commissaire de police, les «unwarranted actions» reprochés étaient les suivantes :
— d’avoir, en toute connaissance et illégalement, assigné une employée du ministère des Finances – qui n’est pas un agent assermenté, qui n’est pas non plus un membre de la PWA – pour prendre en charge et diriger les affaires de l’association entre 2010 et 2012 ;
— d’avoir délibérément imposé et amené la Fédération de la Police à prendre des mesures pour contraindre la PWA à vendre un bien immobilier lui appartenant à l’angle des rues Lord Kitchner et Engineer quand, en vérité, le commissaire de police savait que l’acquisition de ce bien avait été approuvé et ratifié par des assemblées générales annuelles de l’association avec la pleine connaissance du Registrar of Associations. Selon la charge, l’injonction faite à la Fédération de la Police est une violation des règles (25 (3)) de la Police Act.
— d’avoir, par acte délibéré et de mauvaise foi, causé des dommages irréparables à la PWA.
 Au DCP Seerungen, il lui a été reproché d’avoir (i) délibérément imposé que le surintendant de police des Casernes centrales ait «un direct command and control» sur la PWA, cela alors qu’il (M. Seerunghen) était au courant que la gestion des biens et des affaires de l’association est uniquement du ressort de cette dernière conforme à l’article 10 du Registered Rule de l’association ; (ii) d’avoir interdit à l’association l’utilisation du mess des Junior Officers de la police pour la tenue de ses réunions alors que le comité qui gère le mess n’a jamais fait de plainte contre cette utilisation.
 L’assemble spéciale a trouvé que l’ASP Vuddamalay a également veillé à l’application des ordres donnés par le commissaire de police qui ont été néfastes aux intérêts de la PWA.
 Le commissaire de police et les deux autres hauts gradés avaient choisi de ne répondre à aucune convocation à comparaître devant le Managing Committee et l’assemblée spéciale, mais il se sont défendus en écrit de tout acte de mauvaise conduite. Ils ont fait ressortir que, pour eux, «d’ailleurs, le terme gross misconduct est vague et n’apparaît nulle part dans l’article 1 des Consolidated Rules de la PWA». Ils envisageraient de faire appel aux instances judiciaires du pays, mais nous n’avons pu en avoir confimation.
 Selon les règlements de la PWA, les expulsés se verront rembourser leurs contributions à un taux déjà établi de Rs 1000 par année de membership.