La Banque de Maurice prévoit pour cette année un taux de croissance de 3,8 % de l’économie mauricienne et un taux d’inflation d’environ 4,7 %. C’est ce qu’indique le dernier Inflation Report publié cette semaine par la banque centrale qui observe que l’économie mauricienne a réalisé une performance relativement bonne en 2011 avec une croissance s’élevant à 4 %.
Selon les autorités bancaires, l’économie mauricienne a jusqu’ici démontré une certaine résilience face à la crise de la zone euro même si la croissance dans certains secteurs clés a été en dessous de celle attendue. « In view of strong trade and financial linkages, the outlook for the domestic economy depends to a large extent on economic conditions and prospects in our key export markets », écrit la Banque de Maurice (BoM) dans l’Inflation Report d’avril 2012. La banque centrale note qu’il y a eu une contraction économique dans l’ensemble de la zone euro au cours du dernier trimestre 2011 et dans l’économie britannique. Par contre, les États-Unis ont enregistré une croissance au rythme annuel de 3 % pour le même trimestre.
Les récentes mesures introduites par la banque centrale européenne et les gouvernements des pays de la zone euro ont contribué à l’allègement de la pression sur les marchés financiers, améliorant ainsi les conditions de financement y faisant rehausser la confiance des opérateurs économiques. Le Fonds monétaire international, rapporte la BoM, a noté des signes de stabilisation dans la zone euro et aux États-Unis mais les autorités bancaires mauriciennes estiment que le haut niveau de la dette dans les pays développés et la possibilité d’une poussée des prix des produits pétroliers représentent toujours des risques aux économies européenne et américaine.
Quel pourrait être l’impact de l’évolution future de la situation économique dans nos principaux marchés sur l’économie mauricienne ? La BoM est d’avis que « looking ahead, in view of subdued growth prospects in key markets, the domestic economic would continue to operate below its capacity in the near term ». Le sentiment mitigé des consommateurs dans nos principaux marchés influera sur la demande des produits/services des secteurs tournés vers l’exportation, dont le textile et l’habillement ainsi que le tourisme.
« The uncertain global economic environment has impacted negatively on domestic business confidence levels, especially in the manufacturing and distributive trade sectors », fait ressortir le rapport de la BoM. D’où la décision de ramener de 4 % à 3,8 % l’estimation du taux de croissance pour cette année. Pour les autorités bancaires, des tensions renouvelées dans la zone euro à propos de la crise de la dette souveraine et la possibilité d’une flambée des prix des produits pétroliers en raison de problèmes géopolitiques au Moyen-Orient constituent des risques à la croissance économique de Maurice.
Sous le chapitre de l’inflation, la BoM constate que les pressions inflationnistes sous-jacentes ont diminué légèrement mais que la possibilité d’une remontée des prix des produits alimentaires et pétroliers ne devrait pas être écartée et, dans une telle éventualité, les perspectives concernant l’inflation seraient plus sombres. « On the external front, the biggest risk for inflation is a potential oil price shock driven by growing concerns over geopolitical oil supply risks », soutient la BoM.
À Maurice, les autorités bancaires observent que les pressions salariales ont été sous-contrôle alors que le rythme d’expansion monétaire et des crédits ne représente aucun risque majeur à l’inflation dans le moyen terme. Ce qui pourrait accentuer la pression inflationniste dans le court terme ce sont des hausses des taux de fret et des prix (administrés ou fixés par le gouvernement) des produits pétroliers à la pompe.
« L’inflation restera toujours sensible aux tendances des prix à l’importation dont ceux des matières premières et aux effets de transmission au niveau des prix pratiqués localement », indique la BoM. Elle prévoit une légère décélération de l’inflation au cours des prochains mois et estime que le taux annuel à fin décembre 2012 serait de 4,7 %.