Le géant américain Microsoft et ses partenaires proposent un plan de soutien aux victimes de logiciels contrefaits achetés involontairement. Des mesures pour lutter contre ce fléau ont été présentées à la presse hier à l’hôtel Le Labourdonnais à Port-Louis.
Vincent Bourelly, directeur des ventes et responsable du dossier anti-piratage chez Microsoft océan Indien, et plusieurs représentants de la société étaient présents hier à l’hôtel Le Labourdonnais pour parler de la contrefaçon de logiciels à Maurice. Cette démarche fait suite à la saisie le mercredi 28 mars d’environ 400 étiquettes de Certificats d’Authenticité (COA) Microsoft.
« Un certain nombre » des étiquettes de COA saisies a été envoyé pour vérification à la Product Identification Team du géant américain. Verdict : il s’agit bien de contrefaçon. Des logiciels Windows ont ainsi été utilisés sans licence à Maurice où le taux de piratage est de 56 %. Un communiqué de la compagnie indique aussi que des « consommateurs et revendeurs auraient acheté involontairement des logiciels contrefaits ».
L’on tend souvent dans le pays à croire que les « produits piratés » ne sont qu’un moyen de se procurer une technologie à moindre coût. Par exemple, un logiciel Windows 7 dans sa version basique est vendu à environ Rs 4 000. Gilles Debert, directeur de MC3 et distributeur agréé Microsoft, parle quant à lui de « destruction de valeur » et de « concurrence déloyale ».
Des COA contrefaits sont ainsi un « abus » pour consommateurs et les développeurs. « Il est faux de dire qu’un logiciel piraté est moins cher… Avec la contrefaçon des COA, on fait croire à l’acheteur qu’il se procure l’original alors que ce n’est pas le cas », explique Gilles Debert.
« Le piratage ce n’est pas un hacker qui envoie un virus sur un ordinateur pour le plaisir. L’objectif est d’obtenir des informations comme les numéros de compte bancaire, numéros de cartes de crédits, entre autres », prévient pour sa part Patricia Cheung Chin, Partner Account Manager OEM, Microsoft océan Indien. Il ne faut ainsi pas ignorer les motivations financières des pirates. De plus, ajoute Vincent Bourelly, les logiciels contrefaits contiennent pour la plupart des malwares ou autres logiciels espions pouvant mener au « vol d’identité, à la perte de données et de défaillances de système ».
Clean Dealer Program
Pour combattre la contrefaçon de logiciels, Microsoft prévoit de renforcer ses campagnes de sensibilisation, d’améliorer des méthodes et techniques d’identification des produits contrefaits et son soutien aux autorités locales. De nouvelles mesures ont aussi été mises en place pour épauler le dispositif du géant américain. Parmi : une hotline (2028100) ouverte du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. Le public peut aussi envoyer ses requêtes par courriel à ioi@microsoft.com. Vincent Bourelly encourage ceux préoccupés par la légitimité des logiciels à avoir recours aux vérifications simples disponibles sur le site www.howtotell.com.
Microsoft compte aussi lancer un Clean Dealer Program. Des certificats d’authenticité – Microsoft Genuine Reseller – seront remis aux revendeurs souhaitant se soumettre aux contrôles réguliers de la société. Le consommateur se verra ainsi offrir une garantie que les logiciels installés sur son ordinateur sont d’origine.
Deshmuk Kowlessur, Chief Operating Officer chez Elytis, distributeur Microsoft, et Neemalen Gopal, président de la Mauritius IT Industry Association saluent par ailleurs la « grande réactivité » de Microsoft à rectifier le tir contre le piratage. Cependant, avance M. Gopal, « une étroite collaboration entre les différents gouvernements et le secteur privé est nécessaire » pour combattre ce fléau. « Éduquer le public sur la valeur de la propriété intellectuelle et sanctionner la contrefaçon, préjudice à la croissance de l’écosystème informatique, sont les priorités. »