Infotech. C’est 94 stands, 51 exposants et une pléthore de sponsors Gold et Platinum. C’est depuis 18 ans…, de quoi sous-entendre maturité et de souligner toutes les technicités d’un « véritable » projet d’économie. Le slogan abonde bien en ce sens. Et comme nous l’ont rappelé le ministre Tassarajen Pillay Chedumbrum et les cadres du National Computer Board (NCB), Infotech a pour ambition cette année de marquer le coup. Objectif : « Shaping the digital economy » et ainsi « afficher la cohérence avec la stratégie gouvernementale ». Comment Infotech 2011 parviendrait-il à proposer un « modelage » de l’économie numérique ? S’il est vrai que le slogan pourrait être jugé « en accord » avec le nouveau statut du secteur des TIC dans notre économie, le salon, lui-même, est-il à la hauteur des expectatives créées ? Ou s’agit-il d’un salon grand public : « Enn lafwar komputer ? »
Infotech a 18 ans. Bon élève ou boute-en-train, ou alors une synthèse des deux ? Plutôt bon élève, au premier abord. Des moyens importants ont été déployés, à l’image de la petite armée d’hôtesses, qui, lors de l’ouverture mercredi soir, se voulait de véhiculer tout le professionnalisme Infotech. Et de nous interroger sur la réelle plus-value que peut représenter ce genre d’outils médiatiques ? Avis à la gent masculine : il s’agit bien d’un salon de l’informatique. Le salon de la femme aura lieu les 26 et 27 novembre.
« Shaping the digital economy », c’est le thème retenu cette année pour le salon Infotech. Le visiteur est en droit de s’offrir une petite chasse aux sorcières, d’aller au-delà de l’aspect esthétique pointu. Nous voulons savoir : depuis que Maurice s’est octroyée le statut de cyber-île, où est la technologie produite à Maurice ? Début de réponse avec Neemalen Gopal, président du Mauritius IT Industry Association et directeur du pôle IT chez Leal. Constat sur fond de rétrospective…
« Avec Leal, nous avons été présents à presque toutes les éditions d’Infotech… Au début, les sociétés spécialistes IT tenaient la première place, pour, au fur et à mesure, se mettre un peu plus en retrait », nous avise Neemalen Gopal. Et de nous permettre de revoir nos attentes : « C’est surtout un salon dédié au grand public. »
Infotech ne serait, avant tout, qu’un salon grand public… qui s’attelle donc à plaire au plus grand nombre : à faire écarquiller les yeux des enfants, à combler les aficionados de portables et gadgets, à suggérer aux fondus de l’informatique les must du hardware. L’informatique au service de la sécurité a aussi sa place au salon Infotech. Le NCB par ailleurs y propose, pour sa part, un stand d’informations careers guidance : des présentations sont offertes à plusieurs reprises pendant la journée. Ainsi, les jeunes en phase de recherche trouveront peut-être au salon Infotech de quoi aiguiser leur discernement. « Mais pour la technologie plus pointue, avec logiciels de business solutions, c’est au salon Pro-IT qu’il faut se rendre », laisse entendre le président du Mauritius IT Industry Association.
Infotech ou « info-sec » ?
C’est ce qu’auraient peut-être tenté d’affirmer certaines mauvaises langues. S’il est vrai que le slogan peut alimenter des attentes difficilement atteignables, il n’en demeure pas moins qu’Infotech traduit la volonté de « mettre Maurice sur la carte régionale des TIC », comme l’avait affirmé le ministre Pillay. Il y a des choses à voir. De plus, un bon nombre de sociétés ont joué le jeu, réduisant les prix de certains « produits vedettes » pratiquement de moitié. Comme il nous a été précisé au stand de HM Rawat par Hassam-Moussa Rawat : « Nous nous posons dans le cadre de cette démocratisation des TIC. »
Infotech 2011 proposerait donc une bonne sortie en famille, une bonne occasion pour les passionnés de profiter de promotions. Quid de ne pas véritablement venir modeler quelque espace que ce soit (ou ne serait-ce, pas de façon visible). Infotech ! Pas « info-sec ». Il n’y aura que ceux qui sont exposés au dernier cri qui pourraient se dire qu’il n’y a rien. Infotech : une occasion de revenir à la page. Infotech 2011 « enn lafwar komputer ? » Aussi… mais osons le superlatif : « Enn mari zoli lafwar. »
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Les objets insolites
Si Infotech vient offrir au grand public une technologie à vocation « d?mocratique », notons également la présence de produits exceptionnels, voire insolites. Retenons chez HM Rawat la présentation d’un Nokia en or de 18 carats, ou encore, un Asus « de collection » équipé du nec plus ultra de la sonorisation Bang and Olufsen. Chez Cash and Carry, on peut découvrir un laptop Samsung utilisant l’énergie solaire. Leal vient pour sa part lancer un écran 3D de 23 pouces : le Viewsonic V3D. Également chez Leal, un projecteur Full HD d’une puissance d’éclairage de 4 000 lumens, pour les connaisseurs.
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Carrière: plus que télé agent…
Le NCB et le Human Resource Development Council (HRDC) devaient profiter du salon Infotech 2011 pour contrer certaines « id?es re?ues ». En effet, force est de constater qu’à Maurice, quand on évoque les TIC, on pense au Business Process Outsourcing (BPO), aux centres d’appels, télé agents, « secr?taires avec des ordinateurs, qui koz français ar accent » pour les cyniques. « Non, ce n’est pas que cela », nous a affirmé Élodie, représentante du HRDC. « Le BPO implique plusieurs niveaux : pour ceux avec les connaissances de base, bien s?r, mais ?galement pour ceux avec des connaissances plus pointues : ing?nieurs de r?seau, entre autres ». Citons donc des métiers comme Project Manager, Account Manager, IT developer, DataBase Administrator, Business Consultant… Les opportunités sont variées, et englobent plusieurs niveaux de qualification. Le grand public devrait ainsi se familiariser à l’industrie des BPO et à ses corps de métiers.
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BPO: le boom
Le secteur des BPO est sujet à une transformation significative depuis 10 ans. Il compte pour environ 6,4 % de produit intérieur brut et devrait, selon les dires du ministre Pillay, être réévalué à 6,8 % d’ici la fin de l’année. Selon le NCB, cette contribution devrait côtoyer les 8 % d’ici 2015. Le ministre devait, pendant la cérémonie d’ouverture, se montrer plus ambitieux et viser un pourcentage à deux chiffres pour 2015. Le secteur des TIC et BPO afficherait une croissance dynamique aux alentours de 25 %. L’industrie emploie en ce moment environ 15 000 personnes.