De l’extérieur, le nouveau terminal du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport (SSRIA), nécessitant des investissements de l’ordre de Rs 11 milliards, affiche déjà ses formes. Techniquement, si le calendrier des travaux est respecté par les contracteurs et sous-contracteurs, l’achèvement des travaux du grand chantier de l’aéroport de Plaisance est prévu pour le mois de janvier 2013, alors que l’aménagement et la mise en service des nouvelles facilités devraient intervenir au cours du premier trimestre de l’année prochaine. Entre-temps, tous ceux qui transitent à Plaine-Magnien témoignent de l’avancée physique de la superstructure, qui domine le skyline à cette partie de l’île.
« Le projet de construction du nouveau terminal au SSRIA progresse à un rythme soutenu. À l’extérieur du côté landside, le viaduc prend déjà forme. Les fondations sont implantées et la zone de roulage face aux entrées du terminal est en cours de réalisation », explique Bruno Mazurkiewicz, Chief Executive Office d’Airport Terminal Operations Limited (ATOL), compagnie privée mise sur pied avec une participation de 90% d’Airports of Mauritius Limited et 10% d’Aéroports de Paris Management (ADPM), pour assurer l’exécution de ce projet d’envergure.
Le gros oeuvre, qui est exécuté par la China State Construction Engineering Corporation Limited, comprend la construction d’un terminal à trois paliers, faisant quelque 52 000 mètres carrés, soit
le rez-de-chaussée, couvrant une superficie de 21 000 mètres carrés et de 5 300 mètres carrés de bagages handling system pour le contrôle des opérations et la livraison et 6 200 mètres carrés de zone de récupération des bagages avec le fonctionnement de six carrousels, dont un consacré exclusivement aux passagers venant de Rodrigues,
un premier étage de quelque 24 600 mètres carrés consacré à la zone d’enregistrement des passagers au départ, soit 52 comptoirs d’enregistrement au total, au contrôle d’émigration et de la sûreté et de la salle d’embarquement,
d’un deuxième étage pour l’accueil des passagers à l’arrivé, dont la zone pour le contrôle des passeports, le transfert et autres services sanitaires de 3 600 mètres carrés et une Reception Area de 2 600 mètres carrés réservée au public venu accueillir des parents rentrant au pays,
des boutiques hors-taxes sous le contrôle de Mauritius Duty Free Paradise de 2 600 mètres carrés aménagées et réparties entre les niveaux pour les départs et les arrivées avec un walk through de 1 400 mètres carrés et des salons (lounges) de 2 200 mètres carrés.
La partie la plus visible des travaux demeure l’infrastructure pour accueillir le terminal avec les va-et-vient incessants des poids lourds ou encore la présence des ouvriers sur le chantier. Mais ce n’est que le bout de l’iceberg, comme dirait l’autre. Ce n’est pas le CEO d’ATOL qui dira le contraire.
« À l’intérieur de l’ouvrage, l’activité est tout aussi importante. Nous amorçons une phase délicate du projet avec le jeu de multiples interactions des corps d’état techniques imposant une gestion de rigueur au quotidien du planning et de la coordination », fait-il comprendre en s’appesantissant sur le fait que le projet d’un terminal aéroportuaire ne concerne pas uniquement la construction d’un immeuble.
« La seule beauté de l’enveloppe et des espaces du terminal ne doit pas faire oublier que le coeur du dispositif aéroportuaire est constitué d’un ensemble de systèmes industriels. Dorénavant, nous allons devoir conjuguer l’architecture et l’industriel », maintient Bruno Mazurkiewicz, conscient que lors de la mise en fonction du terminal au début de 2013, le tout doit fonctionner dans une parfaite synchronisation pour le bien-être et le confort des usagers et des opérateurs à l’aéroport.
À ce stade des travaux, l’installation du bagages handling system a déjà atteint un stade avancé pour les départs en zone réservée. Les équipements électromécaniques d’aide aux déplacements sont déjà sur place. « Toutefois, avant d’être livrés sur le chantier, ces systèmes et ces équipements ont dû être testés et réceptionnés par les consultants », précise-t-il comme pour mieux expliciter l’aspect complexe de cette partie du projet.
Le Common User Terminal Equipment (CUTE), les transformateurs électriques et d’autres équipements sont fabriqués dans divers pays, dont les Etats-Unis, la République populaire de Chine, la France, voire même l’Égypte. La coordination de tout cet ensemble doit être assurée de manière systématique. Actuellement, les groupes de froids, qui fonctionneront au terminal, sont en phase de tests dans une usine située en Chine et les résultats doivent être suivis conjointement par les consultants et le maître d’oeuvre.
D’autres aspects des travaux sur le chantier nécessitent des consultations avec les responsables d’Airports of Mauritius Limited. Tel est le cas pour la galerie technique, la cooling plant et à un stade ultérieur pour le connecting bridge. « L’aménagement du nouveau car park en lien avec l’actuelle aire de stationnement exigera une étroite coopération avec les gestionnaires d’AML en vue de minimiser les inconvénients pour les usagers », prévoit le CEO d’ATOL.
Parallèlement à la progression physique des travaux sur le chantier, ATOL doit assurer la préparation à la mise en service du terminal. « Depuis février dernier, nous avons procédé à la présentation de l’Operational Readiness Airport Transfer (ORAT) aux stakeholders, soit les représentants d’AML, de l’aviation civile, des compagnies aériennes et autres services publics. Chacun a pu avoir l’occasion de mesurer l’ampleur de la tâche à accomplir. Ils seront plusieurs centaines d’intervenants à utiliser les installations du nouveau terminal. Nous avons la responsabilité de les accompagner à s’approprier les espaces, les cheminements et les nouveaux outils. Somme toute, à prendre de nouvelles marques », souligne-t-il.
Pour assurer cette transition et faciliter la compréhension de ce nouvel environnement, ATOL a créé une animation en 3D du SSRIA. « Tout y est et même le moindre détail du terminal est représenté dans cette animation 3D. Le pilotage de l’ORAT est axé sur le recensement des points de vigilance pour assurer la gestion des risques susceptibles de contrarier la mise en service », explique le patron d’ATOL, qui confirme que depuis ce mois-ci des séances de travail sont tenues à un rythme bi-mensuel jusqu’à la mise en service à l’intention des différents groupes d’intervenants.
Au fur et à mesure que l’échéance de la mise en opération se rapprochera, le terminal, dont la capacité d’accueil sera de quatre millions de passagers annuellement, se transformera en une véritable ruche jusqu’aux premiers départ et arrivée début 2013. Puis, ce sera l’envol et la vitesse de croisière…
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AML: des profits de Rs 1,4 milliard
Le groupe Airports of Mauritius Company Limited a réalisé des profits de Rs 1,4 milliard sur un chiffre d’affaires de Rs 3,5 milliards au 31 décembre dernier, contre Rs 772 millions en 2010. C’est ce qu’a annoncé, vendredi, Serge Petit, Chief Executive Officer, qui avait à ses côtés le Chairman du board, Pazhany Rangasamy. Les profits du groupe sont répartis entre Airports of Mauritius Rs 772 millions pour des revenus de Rs 1,4 milliard, la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) Rs 350 millions sur un chiffre d’affaires de Rs 1,8 milliard et Airport Terminal Operations Limited (ATOL) Rs 300 millions pour des revenus de Rs 350 millions.
« L’enjeu capital pour AML est de transformer le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport en une plateforme aéroportuaire de standing international, surtout au vu des ambitions du gouvernement et des besoins du pays de s’ouvrir davantage aux opportunités internationales », déclare le président du conseil d’administration. Il s’est appesanti sur les investissements de l’ordre de Rs 15 milliards, dont le nouveau terminal au coût de Rs 11 milliards, la construction d’une piste d’atterrissage d’urgence (Parallel Taxiway) pour un montant de Rs 1,9 milliard et le réasphaltage et l’élargissement de la piste pour accueillir des avions type Airbus A 380 (Rs 990 millions).
« Malgré la conjoncture économique mondiale difficile au niveau de l’aviation, nous avons jugé utile d’accorder les moyens financiers nécessaires à ces projets avec AML investissant massivement de ses fonds propres. La construction du Parallel Taxiway et le réasphaltage de la piste sont essentiels pour le développement continu de l’aéroport », a ajouté Pazhany Rangasamy.
Dressant le bilan des opérations d’Airports of Mauritius Limited, le CEO révèle que le nombre de passagers a progressé de 3% en 2011, soit 2,67 millions contre 2,58 millions en 2010, et que 19 800 mouvements d’avions ont été enregistrés.
De son côté, le directeur financier, Shiv Nemchand, a élaboré les principaux avantages offerts aux compagnies aériennes desservant Maurice. « Les charges aéroportuaires imposées par AML sont 25% moins chères que celles en vigueur à travers le monde. Elles n’ont pas été revues depuis 1998. Elles ne représentent que 4% des coûts d’opération des compagnies aériennes alors que le carburant représente 40% de coûts. AML offre également d’autres facilités, dont six heures de stationnement gratuites à tous les avions », a-t-il fait ressortir.
L’ambition d’AML est de faire du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport un Green Airport en vue de concrétiser la vision de Maurice île Durable. Dans cette perspective, l’objectif fixé est d’obtenir l’accréditation ISO14001, attestant du respect de l’environnement, d’ici à la fin de 2013. Des efforts seront également déployés au chapitre du benchmarking.
Avec un budget de Rs 15 millions, l’AML Corporate Social Responsibility Foundation compte s’engager dans des projets de lutte contre la pauvreté aussi bien que dans la protection des sites classés comme patrimoines nationaux. Dans l’immédiat, le Sud de l’île avec ses différents sites historiques seront privilégiés par ce programme, qui sera exécuté en collaboration avec le ministère des Arts et de la Culture.