• Hausse de 13, 9% des croisiéristes en 2019
  • À l’heure actuelle, seulement 3% des touristes arrivent par voie maritime
  • Le Cruise Terminal complété début de l’année prochaine et devrait « encourager les compagnies de croisière » à utiliser Maurice comme port d’attache dans l’océan Indien, selon la MPA

Après la visite du Costa Mediterranea, de l’AIDAblu et du MS Nautica fin décembre 2019, le planning du “cruise jetty” s’annonce rempli pour l’année 2020. Une quarantaine d’escales de paquebots de croisière, 39 pour être exact, sont Scheduled pour les prochains mois. Le secteur des croisières connaît un développement soutenu à l’échelle mondiale depuis ces dernières années, notamment depuis que les tarifs pratiqués par les différentes lignes de croisière ont été démocratisés.

Le nombre de paquebots de croisières faisant escale à Port-Louis ne cesse en effet d’augmenter. Une tendance qui rassure les autorités, car le secteur de la croisière — même s’il ne représente qu’environ 3% des arrivées touristiques globales — est un business prometteur, surtout dans l’optique de la concrétisation prochaine du nouveau Cruise Terminal.

Depuis novembre, ça n’arrête pas… Quasiment tous les deux ou trois jours, on aperçoit un nouveau paquebot en rade pour la traditionnelle escale de 12 heures, permettant aux croisiéristes de visiter le pays. Le bal a été ouvert par le MSC Orchestra, qui a fait escale à Port-Louis le 1er janvier à 8h. Le 3 janvier, ce fut au tour du Costa Mediterranea et, le 5, c’est le Serenissima qui a accosté.

Le 7 janvier, c’est l’AIDAblu qui a mouillé en rade. Ce paquebot a l’habitude de faire escale à Maurice. Il fera d’ailleurs escale chez nous à plusieurs reprises durant le premier trimestre, puis reprendra ses rotations sur Maurice à partir de novembre 2020. Car il faut souligner que la saison des croisières à Maurice démarre généralement en novembre pour prendre fin en avril/mai.

Opéré par la ligne de croisière allemande AIDA Cruises, l’AIDABlu mesure 253 mètres de long et transporte 2 000 passagers. Port-Louis ainsi que Mahe aux Seychelles sont ses ports d’attache dans l’océan Indien.

Le paquebot compte six restaurants, dix bars, un centre de bien-être, et même sa propre brasserie. Il comprend aussi 1 096 cabines. Quant au MS Mein Schiff 2, il a débarqué le 14 janvier et sera de retour les 11 février et 10 mars notamment. Ce paquebot de TUI Cruises a été construit en Allemagne et a été lancé en 1997.

L’AidaAura a mouillé à Port-Louis le 18 janvier. Construit en 2003, ce paquebot fait 203 mètres de long et transporte 1 300 passagers. AIDA aura effectué une longue croisière dans l’océan Indien, qui a démarré le 31 décembre et qui prendra fin le 3 mars.

Ce long périple transportera les passagers tour à tour dans toutes les îles de l’océan Indien, mais aussi en Égypte, en Israël, à Limassol et en Grèce. Son escale finale sera à Corfu le 31 mars.

L’Artania est attendu le 29 janvier. Port-Louis sera sa dernière escale pour une croisière qui est passée par Durban, Richard’s Bay, Fort Dauphin et Saint Denis, notamment. Les autres bateaux, qui seront en rade en cours d’année, sont le Marco Polo, le Sun Princess, l’Astor, le Norwegian Spirit, le Pacific Princess, l’Insignia, le Caledonian et le World Odyssey, entre autres.

Le nombre de croisiéristes a progressé de manière satisfaisante (+ 13,9%) en 2019. 45 253 passagers ont fait escale à Maurice l’année dernière, comparé à 39 720 en 2018. Du côté de la Mauritius Ports Authority (MPA) — qui compile ses chiffres différemment — l’on se réjouit de la tendance actuelle des arrivées touristiques par voie maritime.

Ramalingum Maistry, président de la MPA, indique que le port a accueilli 39 441 croisiéristes pour l’exercice 2017/18, mais ce chiffre est passé à 61 760 en 2018/19. « Sur cette période, nous avons enregistré 45 escales, comparées à 37 pour l’année précédente », souligne-t-il. En 2016/27, il n’y a eu que 24 escales de paquebots.

« Pendant trois années consécutives, nous avons enregistré une croissance à deux chiffres », constate Ramalingum Maistry. « Notre positionnement stratégique au milieu de l’océan Indien, notre excellente connectivité aérienne et nos Infrastructures portuaires de niveau international font de Maurice un centre de croisière idéal dans cette région du monde. Nous envisageons désormais de rehausser la visibilité de Maurice comme un centre régional en matière de croisières », dit-il encore.

La MPA a la responsabilité de doter le pays en matière d’infrastructure adéquate pour accueillir les croisiéristes, alors que l’Office du Tourisme se charge de faire le marketing de Maurice comme destination de croisière.

« Au niveau du port, nous avons développé la qualité de nos services et, pour dynamiser davantage cette industrie, nous misons évidemment sur le nouveau terminal de croisière », poursuit Ramalingum Maistry. Démarrés l’année dernière, les travaux du nouveau terminal devraient prendre fin au début de l’année prochaine. Rs 680 millions ont été budgétisées pour la réalisation de ce projet.

« The MPA has adopted an innovative cruise growth strategy focused on cruise infrastructure development and enhancement of cruise industry capability », poursuit-il. Actuellement, les croisiéristes débarquent au “Cruise Jetty” et sont accueillies sous une simple marquise, avec la présence des services essentiels.

« Quand le terminal sera opérationnel, ce sera complètement différent. Ce sera une structure de qualité, comme un aéroport avec une cafétéria, etc. Ce bâtiment sera un “landmark” dans la région, car ce sera l’unique terminal de croisière de l’océan Indien. Dans les autres ports de l’océan Indien, il n’y a pas de terminal il n’y a que des quais. Maurice aura les deux », dit-il. Ce projet est mis en œuvre par un contracteur chinois (CRBC), en partenariat avec la compagnie locale PADCO.

La MPA mise sur ce nouveau terminal pour développer rapidement le business de la croisière à Maurice. « Ce terminal encouragera les compagnies de croisière étrangère à utiliser Maurice comme port d’attache », fait ressortir Ramalingum Maistry.

Celui-ci espère bien attirer de plus grands noms du secteur dans nos eaux, pourquoi pas les deux géants Royal Carribean International et Carnival Cruises ? Quoi qu’il en soit, il y a quelques années, le gouvernement annonçait 100 000 croisiéristes en 2025 ; un objectif atteignable, à condition que les efforts soient décuplés de part et d’autre, en particulier au niveau des autorités portuaires et de la Mauritius Tourism Promotion Authority.


Iles Vanille : l’APOI commandite une étude

L’association des Ports des îles de l’océan Indien (APOI) espère bien que le développement des croisières dans la région contribuera au bénéfice mutuel des îles. Elle vient d’ailleurs de commanditer une étude de préfaisabilité sur le développement des croisières dans l’océan Indien. C’est une société de Dubayy qui effectue cette étude pour le compte de l’APOI. L’étude est financée par l’Union européenne. « L’étude nous éclairera sur comment nous devons vendre les îles Vanille dans le secteur de la croisière », fait ressortir Ramalingum Maistry, président de l’APOI. Il ajoute : « Elle apportera un nouvel éclairage sur nos capacités d’accueil respectives et mettra le doigt sur nos faiblesses, c’est-à-dire les aspects de notre service et nos structures que nous devons améliorer. »


Le quai de croisière actuel

En attendant la concrétisation du terminal de croisières, les passagers qui débarquent sont accueillis au quai Christian Decotter. Pouvant accueillir les bateaux de croisière de 300 mètres de long, il est doté de facilités pour le stationnement d’autocars et de taxis. Cette plateforme d’embarquement et de débarquement est longue de 124 mètres et large de 14 mètres. Elle est équipée de caméras de surveillance. Si les paquebots de croisière sont de plus de 300 mètres, ils sont dirigés vers d’autres quais ou accostent le Bulk Sugar Terminal.


Quel impact sur l’économie ?

Pour évaluer l’impact du secteur sur l’économie, il faut voir les dépenses de chaque croisiériste faisant escale à Port-Louis. Il est toutefois difficile d’évaluer la somme moyenne dépensée d’autant que les croisiéristes ne passent que 12 heures sur le sol mauricien, le temps d’une escale d’une journée. Selon certains spécialistes que nous avons interrogés, un croisiériste dépenserait environ Rs 4 000 à Maurice. Et tenant compte du fait que nous ayons accueilli 45 253 croisiéristes en 2019, cela représenterait des recettes de quelque Rs 181 millions. À cela, s’ajoutent les tarifs payés aux agences réceptives locales pour la traditionnelle excursion sur le sol mauricien (pour une partie des croisiéristes), ainsi que les frais portuaires payés par ces paquebots et leur avitaillement notamment.

Le secteur des croisières profite donc relativement peu à l’économie. Ramalingum Maistry estime toutefois qu’il recèle un énorme potentiel, surtout avec l’avènement du Victoria Urban Terminal. « Tout comme l’Urban terminal, le nouveau terminal de croisière ajoutera une nouvelle dynamique à l’économie nationale et les opérateurs et commerçants de la région de Port-Louis vont également profiter de cette manne, y compris les hôtels de la capitale », fait ressortir le président de la MPA.